Luc Ferry à un séminaire à Paris, en mai 2011.
Luc Ferry à un séminaire à Paris, en mai 2011. - WITT/SIPA

Julien Ménielle

Je sais tout mais je ne peux rien dire. A l’heure où les langues se délient sur les travers des politiques en matière de mœurs, c’est au tour de Luc Ferry d’évoquer un scandale sexuel connu et tu de tous, selon lui. Sur le plateau du «Grand Journal» de Canal+, lundi soir, l’ancien ministre de l’Education a en effet rappelé l’histoire d’«un ancien ministre qui s’est fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons» il y a quelques années.

L’affaire DSK a relancé le débat sur l’attitude de la presse vis-à-vis de la vie privée des politiques. Luc Ferry y a pris part en citant un article paru dans le Figaro Magazine du 28 mai, et qui relate l’affaire en question, indiquant que l’histoire, à l’époque, a été étouffée. L’ancien ministre apporte même sa pierre à l’édifice en confirmant ces révélations.

«Si je sors le nom maintenant, c'est moi qui serai mis en examen»

« L'affaire m'a été racontée par les plus hautes autorités de l'Etat, en particulier par le Premier ministre», affirme Luc Ferry, qui refuse cependant de citer quelque nom que ce soit. Déclarant n’avoir aucune preuve de ce qu’il avance, l’ex-ministre assure pourtant détenir «des témoignages des membres de cabinet au plus haut niveau».

«Si je sors le nom maintenant, c'est moi qui serai mis en examen et à coup sûr condamné, même si je sais que l'histoire est vraie», se défend Luc Ferry, pressé d’en dire plus par les journalistes sur le plateau. Sur son blog, pourtant, le juriste Vincent Dufief a une autre analyse. «Pour qu’il y ait dénonciation calomnieuse, il faut que l’auteur soit de mauvaise foi et ait conscience que les faits qu’il dénonce sont faux», indique-t-il.

«Il y en a beaucoup qui doivent être un peu stressés»

«Une personne qui signalerait, en toute bonne foi, des faits dont elle a connaissance ne s’exposerait donc théoriquement à aucun risque au regard de la dénonciation calomnieuse, si elle se montre prudente dans la façon dont elle rapporte ces faits», poursuit le juriste, citant par ailleurs «l’obligation de dénonciation» des actes de pédophilie prévue par l’article 434-3.

Pour l’heure, dans l’affaire DSK comme dans le cas de Georges Tron, ce sont les victimes présumées qui dénoncent. Pourtant, le 24 mai, toujours le plateau du «Grand Journal», Rachida Dati lançait: «Je pense qu’il y en a beaucoup qui doivent être un peu stressés. Beaucoup qui regardent leurs pompes en se disant: “Vivement qu’on passe à autre chose”». Les langues n’ont peut-être pas fini de se délier.

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