Joué-les-Tours: Les riverains sont en état de choc

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Publié le 31 mai 2011.

REPORTAGE - Ils étaient nombreux lundi soir à essayer de comprendre les causes de l'accident...

Lundi soir, peu avant minuit, une cinquantaine de personnes étaient encore massées sur les lieux de l’accident, à Joué-les-Tours (Indre-et-Loire), qui a coûté la vie à une fillette de neuf ans. Sur le trottoir brisé portant les stigmates du choc avec le fourgon de gendarmerie qui a fauché un groupe de 23 écoliers, chacun y va de sa propre analyse. «Il a dû s’endormir au volant», pense un voisin. «De toute façon, il roulait trop vite, c’est sûr», lance un autre. Si le bitume ne porte aucune trace de coup de frein, il affiche déjà les marques des experts qui ont tenté de retracer la trajectoire du véhicule.

Les riverains n'en reviennent pas

«Les victimes sont scolarisées dans l’école de mon fils, avance Djamila pour expliquer sa présence sur les lieux. On est choqués. Moi j’ai appris l’info par la télévision. C’est dramatique.» A côté, sur son vélo, Abdelmalek, son fils, se ronge les ongles comme s’il était perturbé par l’événement. «C’est un professeur qui est venu nous le dire en classe», finit-il par dire. «M. Thommereau, l’instit des élèves blessés devait prendre sa retraite à la fin de l’année», poursuit sa mère comme si cela ajoutait au drame. A côté, des roses ont été glissées dans le treillis du grillage. Une peluche Donald trône au pied d’un arbre planté récemment.

Une rumeur de tâche d'huile

La machine à rumeur, elle, était déjà en marche. Une mère de famille assure que deux enfants sont morts [à Minuit, un seul décès était à déplorer, quatre enfants étaient toujours en soins intensifs]. A côté, c’est l’affaire de la tâche d’huile qui se répand comme une traînée. «J’ai fait le tour du rond-point trois fois, il n’y a pas de tâche d’huile sur laquelle le fourgon aurait pu glisser, lance un jeune. On nous cache quelque chose.» Le maire, Philippe Le Breton, se gare à ce moment-là. Il revient de l’hôpital où il est allé soutenir les familles des victimes. En deux phrases, il calme les esprits. «Non, il n’y a pas de tâche d’huile, c’est une connerie dite par la Préfecture, lâche-t-il. Et ne vous inquiétez pas, j’ai vu le procureur. Il sera inflexible sur l’enquête. Merci pour votre solidarité.»

Claude Guéant et Luc Chatel sur place

La solidarité, il en est beaucoup question dans les discussions entre les habitants de cette ZUP. Quand les policiers sont intervenus, ils auraient évacué les voisins à coup de gaz lacrymogène. «Alors qu’on a secouru les gamins, s’énerve Malik. C’est nous qui avons soulevé le fourgon pour retirer les jeunes coincés.» A ses côtés, tout le monde s’avoue choqué par les images télévisées qui ont décrit un quartier en proie au chaos où règneraient les gangs. «Monsieur le maire, il faut rétablir la vérité, c’est un quartier tranquille ici», martèle un homme d’une cinquantaine d’années.

Visiblement abattu par cette journée, le maire acquiesce. Ce mardi matin, par «tradition républicaine», il accueillera Claude Guéant et Luc Chatel, ministres de l’Intérieur et de l’Education nationale, sur les lieux du drame. Deux cent mètres plus loin, le drapeau sur l’école Mignonne a été mis en berne.

 

De notre envoyé spécial à Joué-les-Tours Vincent Vantighem
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