Ce mercredi, c’est la journée internationale des enfants disparus. En France, chaque année, environ 40.000 enfants disparaissent. Ils sont très souvent retrouvés dans les jours qui suivent. Cependant, certains manquent toujours à l’appel. 20 Minutes fait le point sur les enquêtes en cours des disparitions d’enfants les plus connues.
Antoine Brugerolle a disparu le 11 septembre 2008, alors qu'il était seul chez lui, à Issoire (Puy-de-Dôme), sa mère et son nouveau compagnon étant sortis dîner au restaurant. Ces derniers ont constaté la disparition du petit garçon à leur retour, vers 21h15. Devant l'absence d'effraction et le caractère «très débrouillard» de l'enfant, l'hypothèse de la fugue a d'abord été envisagée par les enquêteurs. Mais, trois jours de recherches infructueuses plus tard, le procureur de la République de Clermont-Ferrand a ouvert une information judiciaire pour «enlèvement et séquestration de mineur».
Car les enquêteurs ont découvert qu’Antoine n’a plus été vu depuis le 2 septembre, et que sa mère avait acheté des sacs poubelles de 100 litres la veille de la disparition. Fin septembre, elle était placée en garde à vue pendant 26 heures au même titre que son concubin et six autres personnes de leur entourage. Tous seront relâchés. En septembre 2010, soit deux ans après la disparition, l'enquête était toujours au point mort.
Estelle Mouzin, 9 ans, a disparu le 9 janvier 2003 vers 18h sur le chemin entre son école et son domicile de Guermantes, en Seine-et-Marne. D'importantes recherches sont aussitôt entreprises, et une information judiciaire pour «enlèvement et séquestration de mineur de 15 ans» est ouverte le lendemain à Meaux. Cependant, après plusieurs arrestations et autant de remises en liberté, et malgré l’importance des moyens déployés pour retrouver la fillette - battues, diffusion d’affichettes, contrôle de condamnés pour agression de mineur, création d'un «groupe d'enquête permanent» … - les enquêteurs n’ont jamais découvert de piste tangible.
En 2006, celle du tueur en série Michel Fourniret a été abandonnée, même si, au mois de janvier dernier, de nouvelles expertises génétiques de milliers d'éléments prélevés dans une camionnette de Michel Fourniret ont relancé l'espoir d'élucider le mystère. En 2009, la piste de la filière pédopornographique estonienne a été avancée par plusieurs médias, avant d’être abandonnée par les enquêteurs. En janvier 2010, un nouvel appel à témoins avec une photographie vieillie d'Estelle a été lancé par la police. Sans résultat pour le moment.
Marion a disparu le 14 novembre 1996 à Agen, dans le Lot-et-Garonne, à l’heure du déjeuner, entre son école et son domicile, distants de seulement 400 mètres. Mais, malgré les battues, la mise à sec du canal du Midi sur 14 km et même les brigades cynophiles dépêchées sur place, la petite fille de 10 ans est restée introuvable: un chien policier a perdu sa trace à 50 mètres de chez elle, laissant supposer qu’elle est montée dans un véhicule. Depuis sa disparition, son visage s’est étalé sur des milliers d'affichettes dans des lieux publics, et même sur des packs de lait. Mais aucun témoin ne s’est présenté: le jour de sa disparition était un jour pluvieux de semaine en plein mois de novembre pendant lequel les gens ne se sont pas attardés dans les rues à l'heure du déjeuner.
En 1998, un nouvel appel à témoins assorti d’un portrait vieilli a été diffusé, mais sans résultat probant. En 2003, un travesti entendu dans le cadre de l'affaire Alègre affirme avoir aperçu la jeune fille dans des soirées sadomasochistes. Il a ensuite avoué avoir menti. Même chose pour la piste du tueur en série Michel Fourniret, évoquée un temps avant d’être totalement écartée. En 2010, plus de 10 ans après la disparition, le dossier était toujours à l'instruction. Cependant, les renseignements qui sont arrivés à la «cellule Marion» – l’une des plus vieilles de France – sont certes nombreux, mais n’ont abouti qu’à des impasses. La petite fille disparue en 1996 a aujourd'hui 22 ans.
Autre disparition emblématique, à l’international cette fois, celle de Maddie
Madeleine McCann a été enlevée à l’hôtel Ocean Club de Praia da Luz, dans la région de l’Algarve, au Portugal, le 3 mai 2007. Ce soir-là, la petite fille de 4 ans et ses deux frères et sœurs étaient seuls dans l’appartement de l’hôtel où ils passaient leurs vacances, leurs parents étant partis dîner. Ils se sont aperçus de la disparition de leur fille à 22h. Les enquêteurs portugais ont d’abord soupçonné les parents d'avoir accidentellement tué la fillette et dissimulé son cadavre. Kate et Gerry McCann ont été mis en examen en septembre 2007, mais ont ensuite été blanchis par la justice. L’enquête est classée sans suite.
Et, quatre ans après l’enlèvement, même si les parents de Maddie ont par la suite engagé des détectives privés qui ont repris l’enquête à zéro, celle-ci est toujours au point mort. Malgré la diffusion du portrait-robot d’un éventuel suspect et les nouvelles pistes explorées par les enquêteurs - celle d’un réseau d’adoption illégale ou encore de deux pédophiles qui se trouvaient dans la région de l’Algarve au moment des faits - Maddie reste introuvable.