A la centrale de Civaux (Vienne), le faible débit de la rivière est susceptible de poser des problèmes de refroidissement.
A la centrale de Civaux (Vienne), le faible débit de la rivière est susceptible de poser des problèmes de refroidissement. - CHAMUSSY / SIPA

La sécheresse a gagné la France. Les nappes phréatiques sont à des niveaux exceptionnellement bas. Conséquence: le niveau et le débit des cours d'eau baissent aussi. Les réacteurs nucléaires qui ne sont pas situés en bord de mer ont besoin de ces cours d'eau pour être refroidis. Et si leur niveau est insuffisant, le refroidissement n'est plus possible.

«On est dans un scénario qui pourrait conduire à une situation dramatique, s'alarme Stéphane Lhomme, candidat écologiste pour 2012 et président de l'Observatoire du nucléaire, organisme indépendant de surveillance. Il y a des risques de rupture dans le processus de refroidissement. Si le niveau est trop bas, EDF va devoir arrêter assez tôt pour continuer à pomper l'eau en espérant que les cœurs soient assez refroidis.»

Car un réacteur doit être refroidi même après l'arrêt. Joint jeudi, EDF n'a souhaité faire «aucun commentaire» sur cette situation, reconnaissant néanmoins «un niveau d'eau inférieur à la normale dans nos lacs et bassins d'eau sujets à la sécheresse».

Vigilance accrue

Pour Thomas Houdré, directeur de la direction des centrales nucléaires à l'Autorité de sûreté nucléaire, «si un fleuve est trop bas, il y aura un arrêt des réacteurs. Mais le manque d'eau est prévu. Il y a un seuil d'alerte au-delà duquel le réacteur doit être mis à l'arrêt avec une marge suffisante pour ensuite le refroidir. Le besoin d'eau décroît rapidement. Après une semaine, le réacteur nécessite peu d'apport en eau froide.»

Ce qui est sûr, c'est que la situation risque d'être tendue cet été. «Le débit actuel de beaucoup de cours d'eau, fleuves compris, est proche du niveau en plein mois d'août, confirme Etienne Kapikian, prévisionniste à Météo France. De toute façon, on n'aura pas un niveau normal cet été.»

A la centrale de Civaux (Vienne), le faible débit de la rivière est susceptible de poser problème. «Nous sommes vigilants. La centrale fonctionne avec un débit d'eau plus bas, mais elle fonctionne normalement», y indique-t-on. Au-delà des problèmes de sécurité, si l'arrêt de nombreux réacteurs s'impose, la question de la pénurie de courant risque de se poser.

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