Yvan Colonna devant la cour d'assises de Paris le 4 mai 2011.
Yvan Colonna devant la cour d'assises de Paris le 4 mai 2011. - AFP PHOTO/BENOIT PEYRUCQ

Matthieu Goar

Comme en 2007 et comme en 2009, ils se succèdent à la barre les uns après les autres. Et comme lors des deux premiers procès, aucun des témoins de la scène de crime n’a formellement reconnu Yvan Colonna sur la scène de crime le  6 février 2009. «Bien sûr, ils innocentent pas mon client mais aucun ne l’accuse», résume Pascal Garbarini, l’un des avocats du berger.

Ce soir-là, tous les témoins oculaires se rendent au théâtre d’Ajaccio assister à un concert de musique classique. Certains ont d’abord croisé des passants «qui n’avaient pas l’air» de se rendre au concert. Paule Frassati, qui marche discrètement avec ses «chaussures aux semelles de crêpe», surprend un homme. Il se cache le visage. Elle a toujours été incapable de le reconnaître.

La nuit, les échafaudages

D’autres ont vu deux hommes, «qui avaient l’air de faire le guet». «Plus je me rapprochais d'eux, moins je les regardais...», explique le violoncelliste Cédric Leprevost, avant d’affirmer en tournant la tête vers Colonna: «Je ne l'ai jamais vu hormis dans cette salle.» Mais dans cette dizaine de témoins, il y a surtout ceux qui ont assisté au meurtre.

Vers 21 heures, un petit groupe attend le préfet, devant le théâtre, à une trentaine de mètres «Quelqu'un a dit: "Merde, des tirs". Certains disaient que la forme à terre était un sac poubelle», se rappelle Mathilde Muffragi qui s’occupe de contenir des enfants à l’intérieur. Tous affirment avoir vu deux hommes prendre la fuite. En n’étant pas sûr de leur taille, sans pouvoir reconnaître leur visage. Il fait nuit, il y a un échafaudage, des voitures. Et combien de coups de feu? 4? 5? Entre 4 et 6? Les déclarations varient. Une chose est sûre: personne n’a reconnu Yvan Colonna.

Pas de supplément d’enquête

Mardi soir, Didier Vinolas, secrétaire général adjoint de la préfecture au moment de la mort du préfet, a une nouvelle fois répété  que deux hommes impliqués dans l'assassinat  «seraient dans la nature». Mercredi soir, le président de la Cour d’Assise spéciale a décidé qu’il n’y aurait pas de supplément d’enquête, contrairement à ce qui avait été décidé en 2009, mais qu’il pourrait convoquer, à la demande de la défense, des témoins susceptibles d’évoquer les déclarations de Vinolas.