>> Revivez en direct la journée de lundi du procès Clearstream en appel
Une audience pleine de réparties. Cette journée de lundi, qui a ouvert la deuxième semaine du procès en appel Clearstream, a été marquée par les témoignages incisifs de plusieurs personnages clefs de l’affaire. Et notamment celui de la femme d'Imad Lahoud.
L’audience, présidée par Christiane Beauquis, a d'ailleurs débuté par le témoignage de ce même Imad Lahoud, personnage central de cette affaire, et auteur de la falsification des fameux listings. Parfois confus, le mathématicien a reconnu qu’il a bien ajouté le nom de Nicolas Sarkozy aux faux documents. Il a également affirmé avec force qu’il a effectué ces opérations au cabinet d’Yves Bertrand, ancien patron de la DST, au sein même du ministère de l’Intérieur, et sur la demande express, voire forcée, de Jean-Louis Gergorin, alors responsable d’EADS.
En fin de matinée, la très rare Anne-Gabrielle Heilbronner, épouse d’Imad Lahoud, est venue à son tour témoigner. L’énarque, qui a déjà envoyé une lettre à la presse, a souhaité apporter sa vision de l’affaire: La voix parfois vacillante, elle a raconté qu’à la fin de l’année 2006, un proche de Dominique de Villepin, Philippe Faure, alors secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, lui avait demandé de lui transmettre un manuscrit de son mari, qui préparait un livre sur l’affaire Clearstream.
L’inspectrice des Finances explique qu'elle s'est exécutée, et, après relecture de Dominique de Villepin, dit-elle, Philippe Faure lui a alors demandé de supprimer deux passages du manuscrit, qui font mention de l’ancien Premier ministre.
Tant Philippe Faure, aujourd’hui ambassadeur au Japon, que Dominique de Villepin, ont toujours démenti cette version. Rappelant à plusieurs reprises l’«effrayante pression» qui a notamment conduit Imad Lahoud à faire une tentative de suicide en 2006, Anne-Gabrielle Heilbronner a ajouté que son époux «a fait un tas de bêtises entre 2000 et 2004, ce qui nous conduit à être ici aujourd’hui».
L’après-midi, Dominique de Villepin, qui s’est exprimé sur le mois de juillet 2004, a répété avec virulence, qu’il n’a jamais été mis au courant d’une quelconque falsification des listings. «Ni la DST, ni le général Rondot ne m’ont mis en garde!», a grondé l’ancien Premier ministre, qui a égratigné au passage Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, qui ne l’a «jamais mis au courant».
Dominique de Villepin met en avant sa prudence, et rappelle qu’il n’est «pas expert en Rondot-logie» pour guider sa politique. Accusé de «complicité de dénonciation calomnieuse», Dominique de Villepin a été relaxé en première instance, évitant ainsi une amende de 45.000 euros et une peine de 18 mois prison.
La prochaine audience, mercredi, sera consacrée à l’audition des témoins. Le général Rondot, qui doit témoigner, a critiqué à maintes reprises la défense de Dominique de Villepin.