La sécurité routière en panne

ACCIDENTS Un comité interministériel se réunira mercredi pour réfléchir à de nouvelles mesures...

Delphine Bancaud

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Le gouvernement pourrait décider de renforcer les contrôles.

Le gouvernement pourrait décider de renforcer les contrôles. — VILA / V.S.D. / SIPA

Comment donner un coup de frein aux accidents de la route? Cette question sera au cœur des discussions du comité interministériel sur la sécurité routière que François Fillon réunira mercredi. Car après la publication vendredi des mauvais chiffres de la mortalité routière en avril 2011 (+ 20 % par rapport à avril 2010), le gouvernement souhaite agir vite sur ce dossier. D'autant qu'il s'agit du quatrième mois consécutif de hausse des accidentés de la route.

Plusieurs pistes à l'étude

Pour arrêter cette hémorragie, le gouvernement envisagerait de prendre de nouvelles mesures. Parmi les informations qui ont filtré figure la possibilité de baisser de 0,5 à 0,2 g/litre le taux d'alcoolémie autorisé au volant pour les moins de 25 ans. Une option à laquelle les associations ne croient pas trop. «Cette rumeur ressemble à un ballon d'essai pour tester la réaction de l'opinion publique», indique Geneviève Scripzac, de l'association Victimes & Citoyens.

Selon elle, le gouvernement pencherait plutôt pour un renforcement des contrôles routiers. De son côté, Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, imagine que le gouvernement pourrait songer à interdire le kit mains-libres. Une hypothèse crédible, puisque la Sécurité routière a révélé vendredi un rapport indiquant qu'un accident sur dix était dû à l'usage du téléphone portable au volant.

Autres mesures qui pourraient voir le jour, d'après Chantal Perrichon: l'obligation du port d'un gilet de sécurité pour les conducteurs de deux-roues, la diminution du nombre de points qu'il est possible de récupérer chaque année, ou la réduction de la limitation de la vitesse autorisée sur les petites routes départementales. La mise en place des radars de troisième génération pourrait aussi être accélérée. Pour Chantal Perrichon, «tout dépendra du courage politique».

Objectif

Nicolas Sarkozy s'est fixé au début de son mandat l'objectif de parvenir à 3.000 morts sur les routes d'ici à la fin 2012. Mais pour Chantal Perrichon, « nous n'avons jamais été aussi éloignés de ce défi ». Sans politique active sur le sujet, la présidente de la Ligue contre la violence routière estime même que «l'on terminera l'année autour de 4.400 morts». Ce qui serait une régression, puisqu'en 2010, la France était passée sous la barre symbolique des 4.000 décès pour la première fois.