Le contrôleur des prisons Jean-Marie Delarue, émet de sérieuses réserves sur le concept de «dangerosité» des personnes incarcérées et de vives critiques sur le fonctionnement des établissements pour mineurs, dans son rapport annuel publié ce mardi.
Dans ce document de 386 pages, le «contrôleur général des lieux de privation de liberté» rejette «les images naïves», comme celle de la «prison "quatre étoiles", qui reprend de la vigueur avec la mise en service d'établissements neufs». La réalité est «encore souvent celle de la vétusté et quelquefois du sordide», dit-il.
Le rapport aborde un «débat majeur de notre société», qui «consiste à s'efforcer de prévenir (...) les comportements individuels qui pourraient demain porter atteinte à l'ordre public».
La procédure pénale «est de plus en plus attentive à la personnalité et à la "dangerosité"», tendance reposant «sur l'idée que la bonne connaissance d'une personnalité préviendra les risques (...), permettra de mieux adapter le régime carcéral (...), assurera une meilleure prévention de la récidive...»
Selon le contrôleur, ce discours «est largement illusoire, au moins en ce qu'il postule que la "science" du comportement peut préfigurer une conduite future».
Il se dit par ailleurs «préoccupé de l'état des soins psychiatriques en prison».
A propos des mineurs, il déplore que les centres éducatifs fermés (CEF) et les établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) ne répondent pas «à des orientations claires».
Manque de «continuité» dans la prise en charge, «coordination» défaillante, absence de «projets éducatifs», formation insuffisante peuvent selon lui conduire au «pire».