Seuls l'Alsace à gauche et Ecologie décroissance ont donné des consignes de vote.
Seuls l'Alsace à gauche et Ecologie décroissance ont donné des consignes de vote. - G. varela / 20 Minutes

Guillaume Boulord

Alors que le slogan de la prochaine marche des fiertés annonce clairement la couleur («Pour l’égalité, en 2011, je marche, en 2012, je vote»), les associations peuvent-elles faire bloc pour un seul candidat ? Pas sûr. L’inter-LGBT, qui fédère une soixantaine d’associations militantes homosexuelles, admet que «la gauche répond plus facilement à leur revendications» mais elle tempère tout de suite son propos en rappelant qu’elle n’a «pas de coloration politique en tant que tel».

Une clientèle

Gilles Bon-Maury, président du groupe «Homosexualité et socialisme» du PS, auteur d’Aimable clientèle, un ouvrage sur le vote des LGBT,  affirme que dans le choix du bulletin de vote, «les questions LGBT ne sont qu’un critère parmi d’autres. Certains homos peuvent voter FN, parce que l’homophobie du parti leur semble naturelle». A la question posée «y a-t-il un vote homosexuel?», l’homme répond «en France, non». La raison, en son sens, c’est qu’il n’y a pas de vote communautariste. «On peut dire que les homosexuels sont pour l’égalité des droits, mais non que c’est une communauté qui voterait pour une communauté. Cela signifierait qu’il y a un groupe avec ses règles propres. Mais ce n’est pas le cas. En politique, les homosexuels ne sont pas d’abord homosexuels, puis citoyen.» Par contre, s’il n’y a pas de vote homo, «les homosexuels les plus âgés se souviennent des moments symboliques qui ont changé leur vie». Il cite la dépénalisation de l’homosexualité par François Mitterrand en 1981, ou le vote du Pacs. «Ils peuvent ainsi se sentir plus proche d’un parti», ajoute-t-il.

Le problème, pour Gilles Bon-Maury, c’est que «certains hommes politiques accorde leur discours pour les homosexuels. Ils font comme si ils avaient une clientèle, en faisant comme si les homos avaient des demandes spécifiques. Alors qu’ils demandent juste d’être considérés comme tout le monde». Le socialiste cite en exemple le discours de Nicolas Sarkozy au cours de la dernière campagne présidentielle. «Il n’avait annoncé aucune avancée particulière, mais s’était exprimé dans un haut lieu de la gaité parisienne, les bains-douches, qu’il comprenait la sincérité de l’amour homo».

58% des Français favorables au mariage homosexuel

S’il n’y a pas un vote clair, les associations dénoncent l’homophobie de certains députés UMP. Des associations comme l’Association des parents gays et lesbiens (APGL) ou Act Up s'en étaient pris à Hervé Mariton. Aux élections législatives, l’APGL ou l’inter-LGBT n’hésiteront pas à appeler à voter contre un candidat homophobe.

D'autant que sur l’égalité des droits, les demandes des militants LGBT sont de plus en plus partagées par le reste de l’opinion. Selon un sondage TNS Sofres pour Canal+, publié en janvier, 58% des Français sont favorables au mariage pour les personnes de même sexe, et le nombre des sympathisants pour l’adoption par des couples homosexuels dépasse désormais celui des opposants (49% contre 47%).