Des catholiques portent une croix lors de la traditionnelle procession à la basilique Montmartre. (2 avril 2009)
Des catholiques portent une croix lors de la traditionnelle procession à la basilique Montmartre. (2 avril 2009) - F.MORI/AP/SIPA

Les œufs et les lapins en chocolat ont envahi la vitrine de votre boulanger et les rayons des supermarchés. Aucun doute, c’est Pâques. Plus que de cacao, la fête aura goût de vin de messe pour les 3.000 adultes qui seront baptisés et feront leur communion dans la nuit de samedi à dimanche. Une tradition du week-end pascal.

Plus important que Noël

«Pâques est la fête la plus importante pour les chrétiens, bien plus que Noël», explique le père Philippe Marxer, responsable du catéchuménat, l’enseignement de la religion catholique aux personnes non baptisées, au sein de l’Eglise française. «L’entrée dans la religion se fait à un moment symbolique», ajoute le prêtre. De jeudi à dimanche, les croyants vont célébrer la mort puis la résurrection du christ.

A Castanet, dans la banlieue sud de Toulouse, Josépha, 25 ans, et Nadège, 33 ans, attendent avec impatience «cette grande fête». Elles s’y préparent depuis deux ans, comme la plupart des futurs baptisés. Dans leur paroisse, elles seront trois à recevoir les trois sacrements d’initiation lors de la fameuse nuit. «D’abord, nous allons nous faire baptiser», raconte Nadège. Dans la religion catholique, l’individu est alors lavé de ses pêchés et «renait». «Puis nous ferons notre première communion», le partage symbolique du dernier repas du christ. «Nous terminons par notre confirmation», en quelque sorte l’aboutissement du baptême.

« Inculquer ma foi »

Les adultes sont de plus en plus nombreux à se convertir. 20% de plus qu’il y a 10 ans. A l’instar de Josépha et Nadège, deux tiers sont des femmes, et la grande majorité a moins de 40 ans. Pour les deux femmes, c’est une occasion heureuse qui a été déterminante. «J’ai entrepris la démarche lorsque j’étais enceinte de ma fille. Je voulais pouvoir lui inculquer ma foi», indique Josépha. Pour Maude, retourner à Toulouse, sa ville d’origine, a été déterminant. Philippe Marxer décrit les adultes qui se font baptiser comme des personnes qui «rejettent la temporalité d’aujourd’hui. Elles veulent rompre avec le tempo quotidien».

L’entourage des deux femmes a bien accepté leur démarche, même s’il ne l’a pas toujours comprise. «Le pire truc que je puisse entendre, explique Maude, c’est "mais pourquoi elle fait ça?"». Le plus souvent, les amis, les collègues de bureau ont été intrigués. Mais les deux femmes sont restées discrètes sur leur démarche: «Je n’ai pas honte d’en parler, mais je n’aborde jamais le sujet moi-même», concède Josépha.

Allumer le feu

Ce week-end, chaque jour a sa fête. Le jeudi qui vient, les chrétiens célébrent le dernier repas du christ avec les douze apôtres (la Cène) et son arrestation. Le lendemain est symboliquement un jour de jeûne et d’abstinence: le vendredi saint célèbre le jour où Jésus est mis à mort sur la croix.

La grande fête a lieu dans la nuit du samedi au dimanche. C’est à ce moment-là que Josépha et Nadège seront baptisées. Suivant la tradition, les fidèles vont allumer un feu devant l’église de Castanet. Le bâtiment sera plongé dans le noir. La procession suivra le cierge pascal, qui brûlera toute l’année. Au cours de la soirée, la lumière gagnera en intensité, symbolisant la lumière divine qui se repend après la résurrection.

Le jour du repos

Et le lundi de Pâques, pourquoi ce jour férié? C’est une tradition païenne. Après la fête du dimanche du Pâques, les employeurs donnaient un jour de repos. La coutume a été conservée sous Napoléon et par la République. La journée qui ne sera pas de trop pour se reposer des fêtes du week-end.

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