Gérard Bapt, député PS.
Gérard Bapt, député PS. - CHAMUSSY / SIPA

Aussitôt publié, aussitôt retiré. Vivement critiquée pour son rôle dans l'affaire du Mediator, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a été contrainte, en début de semaine, de retirer de son site Internet un extrait d'informations sur le Mediator.

Depuis la révélation du scandale, l'Afssaps publie en effet régulièrement des communiqués à destination du corps médical et surtout des patients. C'est celui du 18 mars dernier qui a «surpris» autant que «scandalisé» Gérard Bapt.

Servier récupère le beau rôle

Le député (PS) de Haute-Garonne, président de la mission parlementaire sur le Mediator, s'est donc fendu d'une lettre salée au tout nouveau président de l'Afssaps, Dominique Maraninchi. «Il est important que l'Agence (...) ne continue pas à écrire l'histoire du benfluorex [Mediator] dans les conditions justement qui ont permis d'en arriver au drame sanitaire dont nous sommes en train d'évaluer les dégâts», écrit le député dans sa missive, dont 20 Minutes a obtenu une copie.

«Truffé d'erreurs», selon Gérard Bapt, le bulletin d'information de l'Afssaps minimisait notamment la responsabilité du laboratoire Servier dans le scandale. Le passage incriminé expliquait, en substance, que la décision de retirer le Mediator du marché a été rendue possible grâce «aux résultats d'une étude» commandée par le labo Servier lui-même.

«C'est scandaleux de donner le beau rôle à Servier, tonne Gérard Bapt. Comme si le travail d'Irène Frachon n'avait pas existé!» Interrogée, l'Agence s'est, de son côté, défendue d'avoir voulu transformer la vérité.

Une refonte prochaine du site

«Nous avons eu plusieurs échanges avec Gérard Bapt, confie Fabienne Bartoli, adjointe au directeur général de l'Afssaps. Le préambule concernant le Mediator a effectivement été changé et les informations réorganisées. Dans le but de rendre l'information plus lisible sur le site pour l'instant.»

Il n'empêche, Gérard Bapt a pris un malin plaisir à corriger les erreurs. Qu'il s'agisse de la date d'autorisation ou des indications thérapeutiques. «Nous avons compilé toutes les informations sur notre site, poursuit Fabienne Bartoli. Et il y a plus de trente-trois années d'archives. Il y a donc des choses qui étaient valables en 2009, mentionnées dans la rubrique Historique, mais qui ne le sont plus aujourd'hui.» En lien avec le «comité de patients», l'Afssaps a, quoi qu'il en soit, prévu une refonte prochaine de son site.

Mots-clés :