Le monopole des constructeurs autos sur les pièces de carrosserie coûte très cher aux conducteurs français, a dénoncé ce mardi l’UFC-Que Choisir, qui vient de publier un rapport sur le secteur. La France, contrairement à ses pays voisins, n'a pas libéralisé le marché des pièces de carrosserie. Renault, Peugeot ou Volkswagen sont les seuls à produire et à distribuer les pièces de remplacement pour leurs modèles.
Cette absence totale de concurrence fait grimper les tarifs, accuse l’UFC-Que Choisir. « Les prix des pièces de carrosserie ont augmenté de 26 % entre2005 et 2010, alors que les prix à la consommation n’ont varié que de 7,6 % », observe l’association de consommateurs. En Allemagne, ou en Espagne, les pièces de constructeurs indépendants sont proposées 35 % moins cher en moyenne, « pour une qualité équivalente », assure l’UFC-Que Choisir.
Certains écarts sont plus importants : « un pare-chocs de 206 est facturé 217 euros en France, alors qu’une pièce équivalente coûte 46 euros en Belgique », détaille Édouard Barreira, chargé de mission concurrence à l’association. « En général, on change une pièce après un accident, poursuit-il. Comme c’est donc l’assurance qui paie, le consommateur ne se soucie pas du prix. Cela se répercute pourtant sur eux, via la prime d’assurance. » Tous les conducteurs, victimes d’accidents ou non, sont donc concernés.
Le monopole français sur les pièces de carrosserie est une exception en Europe. La plupart des pays européens ont récemment modifié leur législation. La Commission européenne avait proposé une directive en 2004, votée par le Parlement mais bloquée en Conseil des Ministres « sous la pression de la France », selon l’UFC-Que Choisir.