Vidéo: L'émouvant témoignage d'un enfant d'Outreau

DOCUMENT Chérif Delay a raconté son histoire en vue de la parution d’un livre...

J. M.

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Capture d'écran de la vidéo dans laquelle Chérif Delay raconte son enfance violée à Outreau.

Capture d'écran de la vidéo dans laquelle Chérif Delay raconte son enfance violée à Outreau. — 20MINUTES.FR

«Il a commencé à me violer, j’avais mal.» Le procès d’Outreau s’est terminé par un acquittement massif, mais des enfants ont cependant bien été abusés sexuellement dans cette affaire sordide. Comme Chérif Delay, qui a raconté son calvaire devant la caméra du coauteur de l’ouvrage qui lui est consacré -Je suis debout-, et dont un extrait vidéo a été mis en ligne.

Le regard dans le vide, le jeune homme raconte d’une voix blanche les abus de son beau-père Thierry Delay, condamné en juillet 2004 à vingt ans de prison. «Maintenant tu vas connaître la vraie douleur», lui promettait celui qui a commencé à le violer alors qu’il n’avait que 8 ans, pendant, dit-il, que sa mère pleurait et essayait de «défoncer la porte».

«Des enfants, j’en ai vu défiler»

Le fils de Myriam Badaoui, condamnée à quinze ans de réclusion dans l’affaire, se souvient aussi des autres jeunes victimes. «Des enfants, j’en ai vu défiler», raconte-t-il, les larmes aux yeux. Le jeune homme évoque notamment la petite Aurore, qui le suppliait de lui venir en aide. «Mon beau-père la frappait en lui disait  « il t’aidera pas »», témoigne Chérif, racontant aussi les coups que lui-même recevait pour le dissuader d’intervenir.

«Chérif a parfaitement le droit de témoigner», estime dans Le Parisien Serge Garde, qui a recueilli le témoignage du jeune homme. Témoigner de l’enfer qu’il a vécu étant enfant, des années d’errance et de dérive qui ont suivi, lors de son adolescence, et de sa reconstruction. Malgré la décision de justice, Chérif tient par-dessus tout à répéter qu’au total, neuf adultes l’ont violé. Une manière d’exorciser la culpabilité de ne pas avoir pu protéger ses frères et les autres enfants en parlant plus tôt.

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