Crash du Rio-Paris: Airbus et Air France pourraient être mis en examen

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Publié le 17 mars 2011.

ENQUÊTE - 228 personnes avaient péri dans la nuit du 31 mai au 1er juin...

Airbus et Air France sont convoqués respectivement jeudi et vendredi par un juge d’instruction en vue d’une mise en examen dans le cadre de l’enquête sur le crash du vol Rio-Paris, dans lequel 228 personnes avaient trouvé la mort en juin 2009. Bien que le scénario précis de l'accident du vol AF 447 ne soit pas établi, la juge d'instruction Sylvie Zimmerman a annoncé le mois dernier aux avocats des familles de victimes son intention de notifier des poursuites aux deux sociétés, sans détailler leurs fondements juridiques.

Mais il est probable que les sondes de mesure de vitesse de type Pitot, fabriquées par Thales qui équipaient les A330 et A340 soient visées. D’autant que des problèmes de givrage à haute altitude et de dysfonctionnement avaient déjà été constatés et répertoriés dans des rapports. Ces sondes ont été changées sur toute la flotte Air France après l'accident. Dans un mémorandum remis à la juge fin 2010, la compagnie aérienne s'est défaussée de ce problème sur Airbus, disant avoir été abandonnée «sans recommandations ni solutions pérennes à ce problème».

Air France juge la mise en examen «prématurée» 

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), chargé des investigations techniques, a constaté jusqu'à présent une défaillance des sondes Pitot au moment de l'accident, sans conclure qu'elle était à l'origine de la catastrophe. Problème pour les enquêteurs: impossible de retrouver les boîtes noires malgré plusieurs cycles de recherches. Elles devraient d’ailleurs reprendre dans l’Atlantique le 20 mars au large du Brésil.

Air France, qui sera représenté vendredi par son directeur général, Pierre-Henri Gourgeon, estime que sa mise en examen sera «prématurée», a dit à Reuters son avocat Fernand Garnault. «Il n'y a rien de nouveau en l'état du dossier qui permette de prendre en compte une responsabilité plutôt qu'une autre», a-t-il déclaré. Il juge cependant positif de pouvoir accéder au dossier d'instruction, ne serait-ce que par le biais d'une mise en examen.

Airbus a souligné que les causes de la catastrophe n'étaient pas éclaircies et réaffirmé qu'à ses yeux ses appareils étaient les plus sûrs jamais construits. La société estime qu'il n'est pas possible de tirer des conclusions pour l'instant et rappelle qu'elle coopère à l'enquête et aux recherches. Quant aux familles de victimes, regroupées, notamment dans l'association Entraide et solidarité AF447, elles ont multiplié les démarches auprès des autorités pour réclamer une enquête «transparente» et une information rapide.

M.P. avec Reuters
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