Lancé après un faits-divers impliquant un patient à Grenoble, le chantier de l’hospitalisation et des soins psychiatriques arrive à un tournant crucial. Les députés débutent ce mardi l’examen du projet de loi, jugé sécuritaire par le monde de la psychiatrie.
«Le point de départ, on le sait, est une interrogation présidentielle par rapport à la sécurité de l’entourage des malades psychiatriques», indique dans Libération le rapporteur UMP du texte, Guy Lefrand, qui parle d’une loi «très technique». Mais le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire dénonce une «déraison d’Etat» et refuse la «flichiatrie» proposé, selon lui, par le projet de loi.
Le texte modifie les modalités d’hospitalisation en psychiatrie sans le consentement du patient, supprimant par exemple les sorties d’essai. Il introduit par ailleurs la notion de soins sans consentement en ambulatoire, c’est à dire sans hospitalisation. Après l'intervention du Conseil constitutionnel, un disposition prévoit désormais l'intervention d'un juge des libertés et de la détention pour maintenir un patient hospitalisé sans son consentement.
Après le succès de leur pétition, qui a dépassé les 21.000 signataires, le collectif a organisé une manifestation ce mardi à 16h devant l’Assemblée nationale. Les syndicats de psychiatres publiques, eux, appellent à la grève pour protester contre le projet de loi, jugé sécuritaire et inapplicable.