Joachim T., 78 ans, ancien plombier, retraité apparemment tranquille…et assassin. Les proches de l’homme qui a abattu trois personnes jeudi à Rivesaltes n’en reviennent pas d’avoir vu leur voisin, connu pour être aimable et discret, céder à un coup de folie meurtrière.
La patronne de la maison de la presse de la ville évoque ainsi dans les colonnes de la Dépêche du Midi un client «très sympathique». «On n’a jamais eu de problème avec lui», renchérit une femme travaillant à la mairie de Rivesaltes. «On se disait bonjour. Il allait et venait tous les jours entre sa maison et son ancien atelier de plomberie». C’est précisément près de cet atelier, où le retraité se rendait toujours quand il fallait dépanner ses voisins, que le drame s’est produit, aux environs de 16 heures.
Le vieil homme, connu à Rivesaltes pour se déplacer en sifflotant à vélo traversait une période sombre. Très affecté par la mort de son frère, en décembre dernier, «il en voulait à la terre entière», a raconté une de ses voisines à l’AFP. Raison de ce ressentiment? «Son frère est mort d'une crise cardiaque et les secours ont mis une heure et demie à se rendre sur place à cause de la neige».
Des rumeurs sur le caractère volage de l’ancien plombier sont également venues écorner cette image d’homme doux et discret. Des femmes ont ainsi confié au maire de la commune André Bascou que Joachim T. était un «coureur de jupons», rapporte l’AFP.
De fait, ce serait à cause d’une de ses conquêtes que l’homme a «pété les plombs». Il avait noué une relation avec une jeune femme de 30 ans, «qui monnayait un peu ses charmes» selon le procureur de Perpignan, Jean-Pierre Dreno. Mais d’après le magistrat, cette dernière se plaignait d’être harcelée au téléphone par le septuagénaire. C’est pourquoi elle s‘est rendue au domicile de son ex-amant jeudi, pour lui annoncer la rupture, accompagnée d’une amie - par peur de la réaction de l’homme.
Joachim T. s'est alors saisi de son fusil et a tiré en direction des deux femmes qui s'enfuyaient en voiture, avant d’abattre trois hommes, au hasard. Le septuagénaire a fini par retourner l'arme contre lui pour tenter de se suicider. Quand les gendarmes sont intervenus, il avait «le visage en partie arraché», selon le procureur. Opéré jeudi soir, il se trouvait vendredi matin en réanimation à l'hôpital de Perpignan, toujours dans un état critique.