Eviter un nouveau Mediator. Les «Assises du médicament» ont été lancées ce jeudi par Xavier Bertrand, le ministre de la Santé et Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé. L’objectif: «Restaurer la confiance dans le système de sécurité sanitaire des produits de santé, en construisant, avec l’ensemble des acteurs concernés, une vision stratégique nationale de la politique des produits de santé». Une occasion propice pour montrer que les pouvoirs publics prennent à bras le corps les conséquences du scandale de l’anti-diabétique Mediator. Comment ? En faisant notamment le ménage dans les conflits d’intérêts et le lobbying des industriels.
Rassemblant une centaine d’acteurs, dont les industriels, les médecins, les associations et les parlementaires, ces Assises vont étudier les moyens pour rendre plus strict et plus transparent le fonctionnement de l’Agence française des médicaments, l’Afssaps, étrillée récemment par l’Inspection générale des affaires sociales. L’agence va d’ailleurs voir arriver dans les prochains jours un nouveau patron, le professeur Dominique Maraninchi, actuel président de l’Institut national du cancer.
Six groupes de travail
Le poste de rapporteur général de ces Assises revient à un spécialiste du médicament, Edouard Couty, président de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux. Les acteurs, répartis en six groupes de travail, remettront leurs conclusions pour la fin du mois de mai prochain. Selon les services du ministère de la Santé, ces groupes auront la charge d’«élaborer des propositions sur l’évaluation, le suivi, l’utilisation et la promotion des produits de santé, afin de garantir une sécurité optimale aux patients, tout en préservant les capacités d’accès à l’innovation».
Parmi les thèmes abordés figurent notamment l’amélioration des conditions d’octroi de l’autorisation de mise sur le marché, le renforcement du système de surveillance des médicaments ou encore la clarification des missions des organismes intervenant dans les produits de santé.