Fini Dakar et son Forum social mondial, retour brutal aux affaires françaises. Absente la semaine dernière lors de la polémique sur le voyage de Michèle Alliot-Marie et silencieuse après l'émission télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi dernier, Martine Aubry a choisi Clamart, en banlieue parisienne, pour effectuer son premier déplacement dans le cadre de la campagne des cantonales. Avec un but : parler des «vrais» problèmes des Français. «
Vous savez, Martine en a un peu ras le bol des clapotis-clapotas des primaires, elle veut se consacrer aux thèmes sérieux», explique Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre du Logement. A peine arrivée, la première secrétaire est assaillie par les caméras, avides d'une déclaration sur les suites de l'affaire MAM. «Il faut prendre des sanctions, arrêter ces pratiques, il faut retrouver la République, lance-t-elle avant de se frayer péniblement un chemin. Vous n'en avez pas encore assez des photos? Quand est-ce que l'on parle du logement?»
150.000 logements sociaux supplémentaires par an
Souvent exaspérée par le brouhaha médiatique parisien (certains la disent énervée par la petite phrase d'Anne Sinclair sur l'avenir de Dominique Strauss-Kahn), Martine Aubry se veut avant tout patronne d'un parti. Elle a prévu une dizaine de déplacements lors de la campagne des cantonales. Avec l'ambition de montrer que «son» PS s'est remis au travail et que le bilan des élus locaux sert le projet socialiste. «Contrairement à Nicolas Sarkozy, nous faisons ce que nous disons, comme ici à Clamart. Ça s'appelle la crédibilité», a-t-elle expliqué, mercredi.
Entourée d'un aréopage de maires (Bertrand Delanoë et Pierre Cohen notamment), elle a lancé «un appel pour une autre politique du logement». Parmi les propositions : construire 150.000 logements sociaux supplémentaires par an ou encore augmenter les taxes sur les logements vacants. En espérant que sa petite musique perce le brouhaha.