La moitié des sondés explique avoir été obligés de faire un choix affectif.
La moitié des sondés explique avoir été obligés de faire un choix affectif. - F. DURAND / SIPA

En 2010, 130.000 divorces ont été prononcés en France. «Un événement banalisé, même si la souffrance des enfants est énorme», souligne Dominique Marcilaci, porte-parole de l'Union des familles en Europe, qui sort ce mercredi une enquête menée sur 1.137 adultes ayant vécu la séparation de leurs parents.

Des séquelles dans le temps

Un mal nécessaire, selon 42% d'entre eux, car la vie de couple de leurs parents était devenue insupportable. «Mais 38% des sondés portent un regard sévère sur cette décision, qui aurait pu être évitée, d'après eux, avec plus de communication et de réflexion», explique Dominique Marcilaci.

C'est le cas de Frédéric, 34 ans, dont les parents ont divorcé lorsqu'il avait 22 ans. «Ça a été un coup de massue. Au départ, j'ai compris la décision de ma mère, mais j'ai fini par lui reprocher de ne pas avoir essayé de sauver son couple en poussant mon père à plus dialoguer. Du coup, je ne lui parle plus depuis deux ans.» Comme lui, 50 % des sondés expliquent avoir été obligés de faire un choix affectif entre leurs deux parents. Plus grave: 40% n'ont pas maintenu de liens réguliers avec le parent qui n'avait pas leur garde, à savoir le plus souvent leur père.

«Les enfants du divorce se donne plus les moyens de réussir leur couple»

Dans le temps, le divorce laisse aussi des séquelles graves chez les enfants: 88% d'entre eux estiment que cet événement a marqué leur personnalité. «Ils n'ont pas confiance en eux, ont peur d'être abandonnés», souligne Dominique Marcilaci.

Cette souffrance se répercute dans 56% des cas sur leur parcours scolaire , car ils sont démotivés, ont des difficultés à se concentrer ou ne peuvent pas poursuivre leurs études pour des raisons économiques. «Le seul point positif qui ressort de cette étude est que les enfants du divorce se donnent plus les moyens de réussir leur couple, en communiquant davantage.» Un avis partagé par Frédéric: «Avec ma femme, nous communiquons beaucoup, quitte à nous engueuler parfois. C'est plus sain que de laisser s'enliser les conflits.»

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