Le ministre de l'Education nationale Luc Chatel annonce des mesures destinées à améliorer le niveau des écoliers et collégiens en sciences et en mathématiques, dans un entretien au Journal du Dimanche. Le ministre doit présenter officiellement lundi son «plan sciences», dont la préparation avait été annoncée le 7 décembre suite à la publication du classement «Pisa» de l'OCDE, où la France se classait 27ème sur 65 pour la culture scientifique, et 22ème pour les mathématiques.
En primaire, «je vais m'attaquer à +l'innumérisme+, c'est-à-dire l'incapacité à réaliser les calculs de la vie courante», déclare Luc Chatel.
«Il faut s'assurer que tous les automatismes sont bien en place par un entraînement quotidien aux calculs élémentaires: récitation des tables de calcul et pratique quotidienne du calcul mental en classe», dit-il, préconisant «15 à 20 minutes de calcul mental par jour».
«Pour les sciences, j'encourage le déploiement d'un enseignement basé sur l'expérimentation et l'investigation, qui motive les élèves», ajoute-t-il. «Pour faire avancer toutes ces mesures, je vais missionner dans chaque département un inspecteur de l'Education nationale pour les mathématiques et un autre chargé des sciences», dit-il.
«Nous allons mettre en place des modules de formation aux sciences pour les professeurs stagiaires dans tous les départements» à la rentrée prochaine, précise-t-il. Il souligne avoir signé «un accord avec la fédération française du jeu d'échecs pour renforcer la présence de l'échiquier dans les écoles», pratique ludique qui «développe le raisonnement logique».
Au collège, Luc Chatel propose «qu'il y ait un seul enseignant pour les sciences physiques, la chimie, les SVT et la technologie», pour que les élèves «comprennent la fluidité de la démarche scientifique». «Tout cela s'appuie sur l'investigation, l'expérimentation», dit-il, proposant «le prolongement de la philosophie de +La main à la pâte+ au niveau du collège».
Expérimentée en 1996 puis étendue dans les classes de primaire, la philosophie de «La main à la pâte» consiste à susciter le questionnement des élèves, et les transformer en expérimentateurs pour mieux leur apprendre les sciences.