Nantes: Condamné à dix ans de prison pour avoir empoisonné sa fille

JUSTICE Le verdict de la cour d'assises est tombé mardi soir...

Guillaume Frouin, à Nantes

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Sébastien a finalement été condamné mardi aux assises à dix ans de réclusion criminelle. La même peine avait été requise par l’avocat général contre ce père de famille de 38 ans, accusé d’avoir fait ingérer de la soude caustique à sa fille de deux ans. L’enfant se trouvait alors au CHU de Nantes, où il l’avait fait hospitaliser à la suite une prétendue «chute d’un banc».

Une sclérose jamais démontrée

Mardi, l’examen de la personnalité de l’accusé a accrédité la thèse selon laquelle il serait atteint du «syndrome de Münchhausen», une pathologie rarissime, où des individus dépressifs simulent une maladie pour être soignés. Cet employé de restaurant, qui s’est délibérément brûlé plusieurs fois, dit ainsi avoir une «sclérose en plaques»... jamais prouvée par ses examens médicaux. «Il m’a aussi dit avoir une dégénérescence des neurones, et qu’il bossait pour oublier sa maladie», rapporte un ancien collègue. Sébastien a aussi déclaré à son ex-femme, après leur rupture en 2003, qu’il était atteint d’un «cancer généralisé».

Il dit même avoir fait plusieurs tentatives de suicide, dont la première à 16 ans en avalant de la javel. «Il n’a pas dû en boire beaucoup, car il n’a pas été malade», relativise sa mère. La nuit des faits, son fils aurait ainsi été atteint d’un «syndrome de Münchhausen par procuration»: en rendant malade sa fille, Sébastien avait pris le rôle du parent prévenant, une façon aussi d’attirer l’attention sur ses propres souffrances, d’après les psys.

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