Xavier Bertrand l’avait annoncé fin décembre: tous les patients qui ont pris du Mediator sont invités à consulter leur médecin traitant et bénéficieront d'une «prise en charge intégrale par l'assurance maladie».
Sur la marche à suivre et le détail de la procédure, le ministre de la Santé n’avait pas été plus prolixe. Contacté par 20minutes.fr, le ministère de la Santé renvoie vers la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Qui confirme que les consultations effectuées dans le cadre d’une vérification liée à la prise de Médiator seront prises en charge à 100% par la Sécurité sociale, dans la limite du «tarif opposable», c’est à dire conventionné.
Les personnes qui ont été amenées à consulter leur médecin généraliste et éventuellement un spécialiste - un cardiologue - «doivent donc se manifester auprès de leur Caisse primaire d’assurance maladie» pour bénéficier de cette prise en charge, y compris pour des examens du type échocardiographie, précise la Cnam.
Le coût de l’opération pour les finances publiques n’est pas encore évalué. Mais selon un rapport de l’Unocam, qui réunit les fédérations d’assurances et mutuelles complémentaires santé, le Mediator a déjà généré, entre 1999 et 2009, 324,89 millions d’euros de remboursements par l’assurance-maladie et 98,71 millions pour les mutuelles.
L’Assurance maladie rappelle toutefois qu’un certain nombre de patients auxquels le Médiator a été prescrit sont atteintes de diabète et sont donc déjà prises en charge à 100% (dans le cadre des Affections longue durée).
Ce médicament (benfluorex) était en effet destiné aux diabétiques en surpoids. Mais il a largement été détourné comme coupe-faim. Commercialisé en France par les laboratoires Servier de 1976 à novembre 2009, il a ainsi été utilisé par 5 millions de personnes, dont 2,9 millions qui l'ont pris pendant plus de trois mois. Il pourrait être responsable d'au moins 500 à 2.000 décès, selon les estimations.