Vols avec violence dans les transports: «La réponse pénale n'est pas adaptée»

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Publié le 30 décembre 2010.

VIOLENCES - Selon Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat de police Synergie Officiers...

La note de la Direction de sécurité de proximité de l'agglomération parisienne est claire. Les vols avec violence ont augmenté dans les transports en commun parisiens, subissant une hausse de 40% entre 2009 et 2010. Pour Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat de police Synergie Officiers, la tendance s'inscrit dans une augmentation des «infractions violentes» qu'elles soient ou non crapuleuses. «On a sanctuarisé les biens donc le maillon faible est devenu l'être humain», explique-t-il à 20minutes.fr.

Une réponse pénale inadaptée

Dans les transports, le «phénomène n'est pas nouveau», assure Patrice Ribeiro. Si les vols avec violence augmentent, la raison est sans doute à chercher du côté de ce que la préfecture nomme l'«effet iPhone». «Les gens utilisent de nouveaux téléphones assez convoités sans trop de précaution», affirme Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa Police.

Pour Synergie Officiers, c'est surtout le manque de réponse pénale qui est en cause. «Ces vols d'opportunité sont le fait de mineurs qui bénéficient d'une presque totale impunité», martèle Patrice Ribeiro. Des jeunes souvent «multi-réitérants». Pourtant, «ils sont relâchés rapidement. Tant qu'il n'y aura pas de réponse pénale adaptée, ça continuera d'augmenter», regrette le secrétaire général de Synergie Officiers.

Ne pas résister

En outre, «les gens ne se laissent pas faire. Ils se font donc bousculer ou frapper», déclare Philippe Capon, qui préconise de ne pas résister pour éviter les violences. «Même si c'est embêtant, cela ne vaut pas le coup de risquer sa vie pour un smartphone. Ces violences peuvent mettre la vie de la personne en danger ainsi que celle des voyageurs présents à côté d'elle», ajoute-t-il.

S'il ne faut pas en faire une «psychose», le secrétaire général de l'Unsa Police conseille toutefois de ne pas utiliser son téléphone à certains moments-clés. «Il y a des endroits plus propices que d'autres. La montée et la descente du métro sont souvent l'occasion de bousculades et donc de vols. Une personne qui consulte son portable sur le quai» s'expose également à ce risque.

Une campagne de prévention

Pour les deux syndicalistes, la vidéo-surveillance peut permettre de prévenir ces méfaits mais cette méthode a ses limites, en terme d'effectifs notamment: «Il y a des milliers de caméras mais pas des milliers d'employés capables de tout surveiller».

Prochainement, 50.000 flyers devraient être distribués dans les transports en commun pour prévenir la population et la conseiller en cas de vols. «Il faut immédiatement prévenir les services de police et fournir des détails le plus précis possibles» si l'on veut pouvoir identifier les coupables. «Deux heures après ou le lendemain, c'est déjà trop tard», rappelle Philippe Capon. Mais pour le secrétaire général d'Unsa Police, la solution se situerait surtout dans le camp des constructeurs de téléphone. «S'ils les rendaient totalement inutilisables en cas de vols, ces derniers baisseraient».

Julie Rasplus
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