- E. FEFERBERG/ AFP

M.P.

Brice Hortefeux a-t-il fait une Jean-Louis Borloo? On se souvient qu’au plus fort de la grève des raffineries, l’ex-ministre de l’Ecologie assurait qu’il n’y avait et n’y aurait pas de «pénurie» d’essence, alors que des dizaines de stations-essence étaient à sec. Mercredi, le ministre de l’Intérieur a semblé frappé par le même syndrome de cécité. Vers 16 heures, il a assuré lors d’un point presse qu’ «il n’y avait pas de pagaille» et que les seuls problèmes se concentraient «sur les routes lorsqu’elles sont inclinées».  

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«Généralement, vous savez ce qu’il y a avec ‘pagaille’, c’est 'pagaille indescriptible'. Vous voyez, précisément, là on décrit la réalité de la situation et ça démontre qu’il n’y a pas de pagaille», a-t-il même osé dire, admettant seulement des «complications». Pourtant, à cette heure là déjà, plusieurs dizaines de kilomètres de bouchons étaient signalés et la circulation très très compliquée sur la plupart des axes majeurs franciliens et l’aéroport de Roissy-Charle-de-Gaulle avait dû fermer en raison des intempéries.

Hortefeux s'invite sur Europe 1

De fait, les propos d'Hortefeux ont déclenché la colère de certains voire des railleries. Sur Canal +, le sénateur centriste Jean Arthuis a taclé Brice Hortefeux. «Peut-être que les capteurs du ministre étaient aussi victimes du gel et du froid», a-t-il raillé. Le gouvernement n’a «pas pris la mesure» de la situatrion, «les services publics ont été pris de court», a ajouté le centriste.    

Du coup, pour éteindre la polémique, le ministre de l'Intérieur s'est invité sur Europe 1 pour s'expliquer. Il a fait amende honorable, assurant qu’il n’avait pas cherché «à nier la réalité» mais que la situation mercredi après-midi «s’est aggravée» brutalement «mais que ça devrait revenir à la normale autour de l’après-midi».

 

Interrogée sur BFM Tv, Nadine Morano a défendu son collègue. «Plutôt que de se moquer», rétorque-t-elle à Jean-Jacques Bourdin, il faut regarder «la situation météorologique exceptionnelle», du jamais vu depuis «une génération». D’après elle, après que le ministre a parlé, il y a eu «une nette dégradation des températures» qui n’était pas prévue.  «Tous les moyens ont été mis en œuvre mais peut-être faudrait-il améliorer les moyens d’informations», a-t-elle consenti à dire.     

Lors d'une conférence de presse tenue à la mi-journée, Brice Hortefeux s'est montré très nerveux, voire cassant envers les journalistes. Interrogé une nouvelle fois sur son «fail»  de mercredi, il répond: «plutôt que de disserter sur la pagaille, je préfère livrer bataille». Et promet une «amélioration toute la journée» même s’il y a «un risque de regel dans la nuit».  S'il «comprend le sentiment d’incompréhension et de colère»,  il insiste sur le fait que la situation a été mieux géré qu’en 2003. Pas très réconfortant pour ceux qui ont passé la nuit dans leur voiture.