Fabienne Lévy, accusée de braquages de cinq agences bancaires en France et en Allemagne, arrive aux assises au TGI de Metz, le 7 décembre 2010.
Fabienne Lévy, accusée de braquages de cinq agences bancaires en France et en Allemagne, arrive aux assises au TGI de Metz, le 7 décembre 2010. - AFP PHOTO / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

J. M.

Elle a côtoyé la haute et se retrouve devant les juges pour des braquages. Fabienne Lévy attend ce mercredi, en compagnie de son fils de 21 ans, le verdict de son procès pour quatre attaques de banques et une tentative. L’histoire d’une descente aux enfers sociale.

Fabienne Lévy, la cinquantaine, «assume tout». Issue d’une famille de notables, après une vie «confortable» aux côtés d’un mari «beau et intelligent», la quinquagénaire a raconté aux jurés son «divorce difficile», début 2000.

«Je suis devenue infréquentable»

Dans le même temps, Fabienne Lévy est condamnée à une amende de 45.000 euros pour un licenciement abusif. «Ca m’a mise KO», raconte l’accusée, citée par Le Parisien (article payant), devant la cour. Car, selon elle, depuis qu’elle n’est plus la «femme de», les banques ne l’ont plus en odeur de sainteté.

«Je suis devenue infréquentable», affirme Fabienne Lévy. Une situation qui ne s’améliore pas après la fermeture du magasin qu’elle tenait. En 2004, elle s’entiche d’un truand, ce qui lui vaudra déjà d’être condamnée à un an de prison ferme pour une affaire de vol de voiture.

Se venger des «escrocs en col blanc»

C’est à la même période, entre 2004 et 2006, qu’elle commet les braquages pour lesquels elle comparaît depuis lundi devant les assises de Moselle. «Je voulais trouver de l’argent sans faire de mal aux gens», assure-t-elle. Et en s’attaquant aux banques, elle explique vouloir se venger des «escrocs en col blanc» qui l’ont «broyée».

Une pistolet d’alarme en main, coiffée d’une perruque, des lunettes noires sur le nez, Fabienne Lévy mène trois attaques en Allemagne, une autre (et une tentative) en France. Le tout avec l’aide de son fils, mineur au moment des faits, qui conduit la voiture. Montant total du butin: 173.000 euros.

«Sa soi-disant haine du système, c’est sa défense»

«Je n’ai jamais été violent, je leur disais "bonjour" en arrivant», se défend l’accusée, qui assume toute la responsabilité des braquages, souhaitant ainsi protéger son jeune fils. Mais l’avocat des parties civiles (les employés d’une banque française) refuse de croire à l’histoire du combat contre les banques.

«Sa soi-disant haine du système, c’est sa défense», indique l’avocat. Mais selon lui, «elle n’a pas supporté de ne plus avoir le même train de vie et, avec l’éducation qu’elle a reçue, elle aurait pu agir autrement.» Fabienne Lévy risque jusqu’à vingt ans de prison. Son fils, lui, encourt jusqu’à dix ans de réclusion criminelle.