Karachi: Sarkozy informé de l'existence d'une facture

ENQUETE L'ancien mandataire des sociétés par lesquelles ont transité des commissions ont présenté la note...

M.P.

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L'engagement du président Nicolas Sarkozy de remettre à la justice tous les documents relatifs à l'attentat de Karachi "sonnent comme un aveu, selon Magali Drouet, fille d'un salarié de la Direction des constructions navales (DCN) décédé lors de l'attentat.

L'engagement du président Nicolas Sarkozy de remettre à la justice tous les documents relatifs à l'attentat de Karachi "sonnent comme un aveu, selon Magali Drouet, fille d'un salarié de la Direction des constructions navales (DCN) décédé lors de l'attentat. — Lionel Bonaventure afp.com

Mediapart publie des documents qui «placent une fois encore Nicolas Sarkozy et la présidence de la République au cœur du volet financier du dossier Karachi». Nicolas Sarkozy a été mis en copie le 16 mai 2007, le jour de son intronisation à l’Elysée, d’une facture de 8 millions d’euros présentée par Jean-Marie Boivin, un protagoniste clé de l’affaire Karachi, à la Direction des Constructions navales (DCN). Ces huit millions sont réclamés pour «services rendus», dit le courrier, «le prix d’un chantage», assure Mediapart.

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Ce document est entre les mains du juge Renaud Van Ruymbeke, qui l’a récupéré après une perquisition des policiers de la Division nationale des investigations financières au siège de la DCN.

Indemnités insuffisantes

Jean-Marie Boivin, c’est «l'homme-clé des commissions occultes du contrat Agosta», celui qui «en sait peut-être trop». Il était en effet le mandataire des sociétés luxembourgeoises Heine et Eurolux, par lesquelles transitaient les commissions  plus ou moins suspectes sur les contrats des sous-marins nucléaires. C'est par ces sociétés, par exemple, que les fonds promis aux intermédiaires «imposés» à la dernière minute par le gouvernement d’Edouard Balladur comme Ziad Takieddine.

D’après le site internet, Jean-Marie Boivin a décidé de faire chanter l’Etat Français à partir de 2004, date à laquelle son contrat a été rompu par la DCN, contre 610.200 euros d’indemnités. Pas suffisant, pour «M. Commission».

Sarkozy se dit pas concerné

Libération a révélé le 24 novembre dernier qu’un accord avait été trouvé en janvier 2009 mais d’après l’avocat de Jean-Marie Boivin, son client n’a jamais touché cette somme. «Il y a eu des discussions, mais il ne les a jamais touchés», a-t-il déclaré au Monde le 1er décembre.

Mis en cause par divers éléments dans la presse, Nicolas Sarkozy a toujours dit que l’affaire de l’attentat de Karachi, qui a fait 14 morts en 2002, ne le concernait «ni de près de loin».