Décès après l'utilisation d'un Taser: tout comprendre sur l'affaire

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Publié le 1 décembre 2010.

DECRYPTAGE - Ce décès relance la polémique sur le pistolet à impulsion électrique...

Que s’est-il passé dans la nuit de lundi à mardi à Colombes?

Un Malien de 38 ans est mort d'un malaise cardiaque après avoir reçu deux tirs de Taser par des policiers qui tentaient de le maîtriser lors d'une interpellation. Les policiers avaient été appelés pour mettre fin à une dispute entre deux hommes. L’un d’eux, un Malien en situation irrégulière décrit comme fou furieux, était armé d’«une machette, une sorte de marteau... un casse-noix on va dire», selon Laurent Arnaudas, du syndicat de police SGP-FO.

Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes pour le désarmer, et il s’est enfui au 12e étage de l'immeuble, où les policiers ont fait usage du Taser à deux reprises. Selon la préfecture, il n'est pas tombé et a blessé quatre policiers après avoir été touché la première fois. L'homme a fait un malaise dans l’ascenseur qui le descendait «du 12e étage au rez-de-chaussée», et n’a pu être ranimé.

Où en est l’enquête?

Une autopsie a été ordonnée et une double enquête judiciaire et administrative a été confiée à l'Inspection générale des services (IGS, la «police des polices»). Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a déclaré qu’il attendait «les conclusions de l'enquête pour prendre toutes les mesures qui s'imposent».

Pourquoi ce décès relance-t-il le débat sur le Taser?

Le pistolet à impulsion électrique envoie des «dards» qui propagent des décharges de 50.000 volts. La polémique sur la létalité de l’arme fait rage depuis sa mise en circulation, d’autant plus après les différents incidents liés à son utilisation. En 2007, le Comité de l’ONU contre la torture a même estimé que l’utilisation du Taser constituait «une forme de torture» et pouvait «provoquer la mort». Amnesty international affirme pour sa part que le Taser met en danger de mort des personnes vulnérables comme les cardiaques, les drogués et les femmes enceintes. Or, d’après i>Télé, le Malien décédé lundi soir «prenait un traitement médical».

Qu'à révélé l'autopsie?

D'après l'autopsie, le sans papiers est décédé d'asphyxie. Pour l'heure, «il n'y a pas de cause certaine, unique et absolue du décès», a prévenu une porte-parole du parquet de Nanterre.

 

Bérénice Dubuc
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