Dispensée de peine mais reconnue coupable. C'est le jugement qui a été prononcé à l'encontre d'une mère qui comparaîssait pour homicide involontaire ce vendredi matin devant le tribunal correctionnel de Créteil. Elle avait oublié sa fillette de 16 mois dans sa voiture à Arcueil en juin dernier. L’enfant était mort de déshydratation.
Cette dispense de peine, conforme aux réquisitions, serait une première dans ce type d'affaire. Lors de précédents jugements, du sursis avait été prononcé. «Le tribunal a considéré qu'elle était coupable mais au vu de son parcours il n'a pas prononcé de peine», a réagi son avocat Koffi Senah.
Employée de la société Orange et mariée à un policier de 42 ans, cette femme de 37 ans, mère de quatre enfants et résidant à Brétigny-sur-Orge (Essonne) s'était réveillée en retard le 4 juin dernier et s'était rendue directement à son travail à Arcueil sans déposer sa fille chez sa nourrice. Le procureur de Créteil, Jean-Jacques Bosc, avait expliqué que les deux parents avaient veillé toute la nuit à l'hôpital au chevet d'un autre de leurs enfants, atteint d'une leucémie.
Vêtue de noir et la tête courbée, cette mère de famille a répété pendant une audience lourde en émotion qu'elle était «coupable» et «responsable». Elle ne s'explique toujours pas les évènements, évoquant «un trou noir». Le jour du drame, elle était persuadée d'avoir déposé sa fille chez la nourrice.
Son avocat espère que ce jugement est «un premier pas vers une grande discussion autour du syndrome du bébé oublié, notamment au sein des constructeurs automobiles. Si vous êtes capable d'oublier botre téléphone portable, vous êtes potentiellement capable de succomber à ce syndrome», assure Koffi Senah.
Un peu plus tôt, sur Europe 1, il avait déclaré: «Dix minutes avant [le drame], si on lui avait dit qu’elle était capable d’oublier son enfant dans un véhicule, elle aurait dit non. Elle aurait trouvé ça inadmissible. Aujourd’hui, c’est elle. Demain, il se pourrait que ce soit vous ou moi», insiste-t-il.