Le siège de la DCRI, le 15 novembre 2008, à Levallois-Perret.
Le siège de la DCRI, le 15 novembre 2008, à Levallois-Perret. - L. BONAVENTURE/ AFP

Pour des agents soumis à la discrétion, ceux de la DCRI se retrouvent bien souvent sur le devant de la scène depuis quelques mois. A la manœuvre dans l’affaire de la rumeur sur Carla Bruni-Sarkozy, au centre de l’enquête sur l’affaire des fuites du Monde dans le cadre du dossier Bettencourt et mis en cause par Le Canard pour la surveillance de journalistes gênants, la maison tenue par Bernard Squarcini est de toutes les derniers dossiers polémiques mettant en cause, de près ou de loin, l’Elysée.

Il faut dire que la Direction centrale des renseignements intérieurs (DCRI) s’occupe des missions les plus sensibles de la République:  contre-espionnage, lutte antiterroriste,  sécurité nationale, surveillance des mouvements de contestations ou d’extrémisme, mais aussi intelligence économique et cyber-criminalité. Un champ d’action élargi pour une maison comptant environ 4.000 membres et dotée d’un budget de 200 millions d’euros.

La frontière de la «défense des intérêts nationaux»

Un bras du renseignement né au forceps en juillet 2008, par la volonté de Nicolas Sarkozy, d’une fusion des Renseignement généraux (RG) et de la Direction de la surveillance du territoire (DST). L’ambition est de réunir tous les agents dédiés à la surveillance sur le territoire français dans une seule et même maison, à l’anglo-saxonne, dans un nouveau siège, flambant-neuf, à Levallois-Perret.  Objectif: plus de cohérence, moins de doublons, modernisation et adaptation aux nouvelles menaces, notamment l’espionnage économique et la cyber-criminalité. Objectif officieux: mettre fin aux opération pieds-nickelés, rationnaliser le champ d’action des agents pour éviter les scandales qui ont émaillés la vie des deux maisons mythiques qu’étaient les RG et la DST. Avec ce nouveau fonctionnement, le pouvoir des renseignements s’étend et leurs moyens, qui fusionnent, sont plus importants. Pour beaucoup, c’est «le FBI à la française». 

Mais dernièrement, ils ont été utilisés dans des affaires qui font plus penser aux «barbouzeries» de la grande époque, avec l’espionnage de la presse. Notamment dans l’affaire des fuites du Monde, où le téléphone d’un journaliste a été espionné pour identifier sa source dans l’affaire Bettencourt. Sans demander l’autorisation à la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité et en se justifiant par « la défense des intérêts nationaux». Tout comme lors de l’affaire de la rumeur sur Carla Bruni-Sarkozy. Reste à savoir si la vie privée du chef de l’Etat et une enquête sur un ministre relève de la «défense des intérêts nationaux», une notion pas définie formellement. 

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