Les protagonistes du «Gang des barbares» mis à nu

Publié le 26 octobre 2010.

JUSTICE - Un livre dresse leur portrait pour tenter de comprendre le «système» Fofana» et l'affaire Ilan Halimi...

Alors que s’est ouvert lundi le procès en appel du «Gang des barbares», un livre* raconte l’affaire et détaille le profil des 28 protagonistes - 18 garçons, 10 filles - et de leur leader, Youssouf Fofana. Si le point de départ est l’affaire Ilan Halimi, Elsa Vigouroux remonte à la formation de la «bande», émaillée de ratages et de tentatives d’enlèvement avortées, avant de revenir à l’enlèvement, à la séquestration et à la mort d’Ilan.

Une «bande de bras cassés»

Elle propose une plongée au cœur du «système» Fofana, terme un peu fort pour cette «bande de bras cassés» comme leur «Boss» les appelle lui-même, menée par un délinquant bègue, mégalo égocentrique, dominateur et manipulateur qui ne réussit rien à part prendre le pouvoir sur plus faible que lui, et pense monter des plans géniaux, mais qui n’aboutissent jamais.

L’auteure dresse le portrait de ces petites mains, appâts, gros bras, geôliers et remonte le fil de cette affaire à partir des dépositions, des interrogatoires devant la juge d’instruction Corinne Goetzmann, des expertises psychiatriques des différents protagonistes et même des propos qu’ils ont pu tenir devant la cour d’Assises à l’été 2009, lors du procès en première instance.

Profils similaires

Tous ont le même profil: des jeunes sans figure paternelle, ou avec une figure parentale alcoolique et violente ou tout simplement absente, sur le fil, paumés, déscolarisés et limite analphabètes. Parfois suicidaires, souvent à la rue, ils ont fait des «bêtises» (vols, deal) et sont tombés dans le giron du «Grand», qu’ils craignent et admirent à la fois et qui leur a promis de grosses sommes d’argent.

À travers ces portraits, on entrevoit pourquoi pas un seul des protagonistes n’a pris l’initiative de venir au secours d’Ilan, ni même de dénoncer ce qui se passait dans cet appartement puis dans cette cave. En cause, le grégarisme, la dynamique de groupe, le devoir d’entraide et la loi du silence qui prévalent dans la cité et qui gangrènent tout, jusqu’à certains parents qui, informés de ce à quoi participent leurs enfants, leur disent de se taire.

>> En raison de débordements systématiques sur ce type de sujet, nous nous voyons contraints de la fermer aux commentaires. Merci de votre compréhension.

Bérénice Dubuc

*L’affaire du gang des barbares d’Elsa Vigouroux, Flammarion, 20 euros.

publicité
publicité
publicité

publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr