Télémédecine: Demain, tous soignés sur le Web?

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Publié le 26 octobre 2010.

SANTE - Le décret encadrant la pratique vient de paraître, en avant pour le tour de ses applications concrètes...

«Les premières téléconsultations auront lieu au début 2011.» Pour Roselyne Bachelot, c’est certain, l’avenir de la médecine est en marche. Un décret vient en effet d’être publié au Journal officiel, qui donne un cadre légal à la télémédecine. Le but? Régler les problèmes de démographie médicale et en finir avec les déserts médicaux.

«La télémédecine n’était jusqu’à présent qu’expérimentale, il s’agit d’un début de généralisation», explique à 20minutes.fr Pierre Traineau, directeur général du Catel, réseau de compétence en télésanté et télémédecine. «Le décret lève un frein législatif, poursuit-il, mais la généralisation ne se fera que progressivement.» En attendant, petit tour d’horizon de ce qui vous attend demain et après-demain.

Les téléconsultations
Elles font partie des quatre actes définis par le décret et permettent à un professionnel médical de «donner une consultation à distance à un patient». Une personne âgée en maison de retraite pourrait ainsi consulter dans le cadre d’un bilan mémoire ou nutritionnel le gériatre d’un centre hospitalier trop éloigné pour qu’il puisse se déplacer, explique Pierre Traineau. Des consultations psychiatriques ont également été expérimentées. Le tout à l’aide de matériel et de sites de vidéoconférence dédiés garantissant une bande passante, une sécurisation des données et une qualité d’image et de son suffisantes.

La téléexpertise
A l’aide du même matériel, un professionnel disposant déjà d’éléments médicaux peut solliciter l’avis d’un confrère ou d’un spécialiste. Une vidéoconférence dans le cadre de staffs collectifs peuvent être organisés sur le cas d’un patient. Des pratiques qui sont déjà mises en œuvre, selon le DG du Catel.

La télésurveillance médicale
Elle permet à un médecin d'«interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d'un patient», et de prendre éventuellement des décisions relatives à sa prise en charge. Les patients atteints de pathologies chroniques gérant des traitements parfois lourds à domicile sont concernés. Pierre Traineau cite l’exemple des insuffisants rénaux sous dialyse ou des diabétiques suivant des traitements par insuline.

La téléassistance médicale
Elle permet à un professionnel de santé d'«assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d'un acte». Selon Pierre Traineau, des solutions technologiques permettant la surveillance des plaies est déjà disponible, par le biais de photos. Une infirmière experte dans une institution spécialisée peut alors conseiller une autre infirmière chargée de réaliser le pansement du patient.

Demain, la téléchirurgie
Elle ne fait pas partie des quatre axes développés par le décret, mais cette pratique consiste à réaliser une intervention à distance, assistée par un ordinateur. «Elle est expérimentée avec succès depuis 2001», indique Pierre Traineau. Mais pour ce spécialiste, «ce n’est probablement pas ce qui concernera le plus de gens».

L’avenir: la médecine mobile
«Le citoyen-patient va rechercher de plus en plus de mobilité», affirme Pierre Traineau. Dès lors, quand l’habitude de la télémédecine sera prise, les malades voudront pouvoir être suivis dans tous leurs déplacements. Le spécialiste l’affirme: «Les smartphones et la miniaturisation des capteurs représentent sans doute l’avenir.» Des capteurs qui, intégrés à des dispositifs médicaux ou des vêtements, permettront de mesurer les constantes vitales du patient (respiration, pulsations cardiaques, tension artérielle) avant de les transmettre au médecin via le téléphone portable.

Julien Ménielle
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