Le coût d'une grève ne peut s'estimer qu'à la fin du mouvement, selon un économiste.
Le coût d'une grève ne peut s'estimer qu'à la fin du mouvement, selon un économiste. - P. HUGUEN / AFP

Elsa meyer et gilles wallon

C'est le ministre du Budget, François Baroin, qui l'a dit : la grève, « ça commence à coûter cher ». Entre « 200 et 400 millions d'euros par jour » depuis deux semaines, a chiffré de son côté la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Toujours inflexible sur la réforme des retraites, le gouvernement a dégainé hier sa calculatrice. Objectif : dénoncer le « luxe » de grèves et de blocages dans les raffineries que « la France n'a pas les moyens de se payer » dans un contexte économique toujours bien fragile. Hier, le mouvement de protestation s'est d'ailleurs détendu : trois des douze raffineries françaises ont voté la fin des blocages.

Protection policière
Restent ces chiffres impressionnants sortis par Bercy : 300 millions d'euros en moins, chaque jour, pour l'économie française. « Il est très difficile d'estimer le coût d'une grève. Cela ne peut se faire qu'une fois le mouvement terminé », nuance d'emblée Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. Après une grève, les salariés rattrapent souvent le temps perdu. Les consommateurs aussi. Cet effet de « rattrapage » n'est pas comptabilisé par le gouvernement. Au ministère, on reconnaît que le calcul du prix d'une grève n'est pas une science exacte. On y rappelle aussi les conséquences sur une partie de l'économie : les petites entreprises, de l'industrie ou des services (lire ci-dessous). Hier, les représentants des PME sont d'ailleurs montés au créneau, fatigués de voir leur activité bloquée. « Il faut que la police protège les commerces pendant les manifestations, et qu'elle dégage les barrages autoroutiers », estime ainsi Jean-Eudes du Mesnil, du syndicat patronal CGPME.