« Motivés, motivés, il faut rester motivés ! », ont-ils entonné en chœur sur l'air du Chant des partisans. Selon les sources, entre 4 000 et 15 000 lycéens et étudiants ont défilé hier à Paris, de Jussieu jusqu'à Denfert-Rochereau, dans une ambiance bon enfant au départ. Une mobilisation de masse à deux jours des vacances de la Toussaint : « Ceux qui font le pari d'une baisse de la mobilisation la semaine prochaine vont le perdre, car les étudiants rejoindront les salariés », assure Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef. « D'ailleurs, 33 facs ont voté la grève en assemblée générale aujourd'hui et 14 d'entre elles étaient bloquées ce matin », poursuit-il tout en battant le pavé.
Ils veulent encore y croire
Pas question non plus pour les lycéens de faiblir, à l'instar de Julie, 15 ans, en seconde au lycée Lavoisier, qui marche en tête du cortège, un autocollant sur le front : « Je ne pars pas en vacances, donc je n'hésiterai pas à descendre dans la rue la semaine prochaine ». Même son de cloche chez Massira Baradji, président du syndicat lycéen la Fidl : « Aujourd'hui, 1 300 lycées étaient perturbés ou bloqués et on n'hésitera pas à remotiver les foules à la rentrée, si le gouvernement refuse toujours d'ouvrir des négociations avec nous. »
Et qu'importe le prochain vote par le Sénat de la réforme des retraites, les jeunes veulent encore y croire : « Il n'est jamais trop tard pour se faire entendre, il faut garder en mémoire ce qui s'est passé pour le CPE », lance Enzo, étudiant à Paris-IV. Arrivés place Denfert-Rochereau, le cortège se scinde dans un calme relatif, notamment grâce au service d'ordre musclé prévu par les syndicats.