Le taux de suicide dans la police est toujours très inquiétant. Avec 559 suicides de fonctionnaires de police entre 1998 et 2009, la profession est particulièrement exposée, même s'il est en baisse depuis 1996.
D'où l'étude commandée par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) auprès de l'Inserm. Une étude menée entre 2005 et 2009 que s'est procurée l'Agence d'informations spécialisées sur la sécurité globale (AISG) et que 20 Minutes a pu consulter en exclusivité.
Sur cette période, il y a eu entre 40 et 55 suicides par an dans les forces de police, selon le syndicat Alliance. Au total, le risque de suicide dans la police est supérieur de 36% à celui du reste de la population.
Au final, c'est l'éternel problème des armes à feu qui saute aux yeux. Alors que le suicide par pendaison occupe la première place des moyens de suicide de la population générale, le recours à un pistolet ou à un fusil concerne environ deux tiers des suicidés de la police, et 50% des policiers qui se suicident le font avec leur arme de service.
Pourquoi alors ne pas demander aux fonctionnaires de laisser leur arme au commissariat, enfermées dans une armurerie? «Les textes de loi imposent à un policier de pouvoir intervenir 24 heures/24, même quand il n'est pas en service. On a eu dernièrement un cas de viol où c'est un policier qui n'était pas en service qui est intervenu», détaille Marc Baudet, responsable du cabinet des études de l'IGPN.
L'autre argument avancé par les policiers est que leur responsabilité est engagée en cas de vol de leur arme. Impliqués dans l'étude, les syndicats policiers veulent réfléchir. «Le port de l'arme est une chose importante chez nous. Regardons ce qui se fait ailleurs», explique Jean-Pascal Stadler de l'Unité SGP-Police.
Au Royaume-Uni, certains Bobbies ne portent pas de pistolet en service. En France, dans les cas les plus limites, c'est au chef de service, suivant les conseils des médecins, de désarmer un de ses hommes s'il considère que celui-ci a des pulsions suicidaires.
En dehors des armes à feu, trois autres chantiers ont été identifiés. D'abord améliorer la communication entre psychologues, médecins et assistants sociaux. Dans un souci de prévention, la police veut aussi mieux former les chefs de service, qui sont les premiers concernés quand un policier est en souffrance.
Enfin, l'institution souhaite réfléchir à la prise en charge de la dépendance à l'alcool, aux stupéfiants et aux médicaments, souvent impliqués dans les cas de suicide.