Jérémie Assous, avocat des dix de Tarnac.
Jérémie Assous, avocat des dix de Tarnac. - NIKO / SIPA

Journée décisive pour l'affaire de Tarnac. A 14h, aujourd'hui la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris doit décider si l'enquête antiterroriste qui vise Julien Coupat et neuf autres mis en examen doit être annulée. «Ça serait la porte de sortie la moins humiliante pour la justice», lâche Jérémie Assous, l'un des avocats du groupe de Tarnac.

Depuis deux ans, ces libertaires sont au cœur d'un imbroglio politico-judiciaire. Le 11 novembre 2008, des dizaines de policiers cagoulés investissent une ferme de Tarnac (Corrèze) et embarquent neuf personnes. Ils les soupçonnent d'avoir saboté une ligne TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre.

Des failles dans l'accusation

La presse s'empare de l'affaire. Or, les éléments qui affaiblissent l'accusation se multiplieraient. La défense met en doute la vraisemblance d'une pièce centrale du dossier, le procès-verbal D104, qui retrace la filature de Julien Coupat et de sa compagne dans la nuit cruciale.

«Les policiers n'ont pas pu être là. Quand l'avocat général leur demande de se justifier, ils ne sont capables de répondre qu'à un tiers des questions», affirme Me Assous.

Autre faille, les policiers auraient filmé illégalement un immeuble parisien dans lequel vivait Julien Coupat, aujourd'hui libre et «sous contrôle judiciaire allégé». «Cette affaire est devenue le cauchemar de l'institution judiciaire», conclut Thierry Lévy, autre avocat du groupe.

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