Angela Merkel estime que le modèle d'une Allemagne multiculturelle a échoué

IMMIGRATION La Chancelière estime que cela pèse sur le système social...

J.C. avec AFP

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Angela Merkel à Berlin le 6 mai 2010.

Angela Merkel à Berlin le 6 mai 2010. — Tobias Schwarz / REUTERS

Un pavé dans la marre. La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé samedi que le modèle d'une Allemagne multiculturelle, où cohabiteraient harmonieusement diverses cultures, avait «totalement échoué», alors que le débat sur l'intégration s'enflamme en Allemagne. Mais l'immigration de spécialistes dans une Allemagne qui manque de main d'oeuvre qualifiée est nécessaire, a-t-elle plaidé.

«Le “Multikulti” est mort»

Le credo «Multikulti» (multiculturel), selon lequel «nous vivons maintenant côte à côte et nous nous en réjouissons», a échoué, a-t-elle lâché. «Cette approche a échoué, totalement échoué», a martelé la chancelière lors d'une réunion des Jeunesses de son parti conservateur l'Union chrétienne-démocrate (CDU) à Potsdam près de Berlin.

Vendredi soir, le chef de la branche bavaroise de son parti, Horst Seehofer (CSU), avait déclaré devant le même public: «Nous, en tant qu'Union, nous nous engageons pour la culture de référence allemande et contre le multiculturel. Le “Multikulti” est mort.» Tout en affirmant que l'Allemagne restait un pays ouvert au monde, Angela Merkel a estimé que «nous n'avons pas besoin d'une immigration qui pèse sur notre système social».

Recherche de main d'oeuvre qualifiée

Cependant, le pays ne pourra faire l'économie de spécialistes étrangers même s'il forme des chômeurs allemands, a estimé la chancelière. Selon le président de la chambre de commerce et d'industrie allemande (DIHK), Hans Heinrich Driftmann, il manque à l'économie allemande environ 400.000 ingénieurs et personnels diplômés. «Cela nous coûte environ 1% de croissance», a-t-il estimé dans le journal Welt am Sonntag à paraître dimanche, en plaidant pour une immigration qualifiée.

Angela Merkel a mis en garde les Unions conservatrices (CDU-CSU) contre le fait de susciter l'idée que «celui qui ne parle pas immédiatement allemand n'est pas le bienvenu».