Le rectorat de Paris a proposé à des professeurs des écoles primaires d'effectuer des remplacements dans des collèges, une mesure critiquée samedi par un syndicat mais jugée «normale» par le ministère de l'Education.

«Entretien pédagogique»

Dans une lettre datée du 13 septembre, dont l'AFP a eu copie, le directeur de l'académie de Paris propose à des professeurs des écoles «sans affectation stabilisée» dans cette zone d'effectuer des «missions de suppléance» dans le second degré.

L'offre cible des professeurs des écoles «en surnombre» dans l'académie de Paris. «Un entretien pédagogique sera proposé aux enseignants qui se porteront candidats», précise la lettre, ajoutant qu'ils conserveront leur statut de professeur des écoles.

Thierry Ananou, secrétaire académique du Snes Paris, principal syndicat enseignant du second degré, a qualifié cette offre «d'inacceptable du point de vue du respect des qualifications et des métiers». «Enseigner dans le secondaire et dans le primaire, ce n'est pas le même métier», a-t-il déclaré à l'AFP. Cette situation est le résultat, a-t-il déploré, d'une baisse du nombre de professeurs titulaires remplaçants dans le second degré. Leur nombre a diminué de 30% en deux ans, assure-t-il, passant de 915 à 610.

Diplômes équivalents

Interrogé, le ministère de l'Education précise de son côté que «cela a toujours existé, même si c'était marginal». «Pédagogiquement, cela s'inscrit dans la logique parfaite du socle et du nécessaire renforcement entre premier degré et collège», estime le ministère. Les professeurs des écoles, souligne-t-il, «ont presque tous aujourd'hui une licence d'enseignement et la plupart du temps des diplômes équivalents à ceux des professeurs du second degré».

«Il y a des surnombres dans le 1er degré, des tensions dans les capacités de remplacement à certaines périodes de l'année dans le second degré», il est donc «normal» selon lui que les académies gèrent «de la manière la plus intelligente possible ce genre de situation».

Pour améliorer le remplacement des enseignants absents, le ministère de l'Education avait déjà lancé ces derniers mois plusieurs pistes, comme le recours à des étudiants ou de jeunes retraités de l'Education nationale.

Et vous, qu’en pensez-vous? Seriez-vous gêné à l’idée qu’un professeur des écoles enseigne à vos enfants au collège?