Jusque-là, il s’était peu exprimé dans les médias sur l’affaire qui le touche, celle le liant à l’abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt. Mais dans un entretien à l’AFP diffusé jeudi, François-Marie Banier vide son sac. Il dit être «devenu l’homme à abattre», victime d’une «instruction à charge». «Aujourd'hui je souhaite un procès pour en finir rapidement avec cette entreprise de démolition faite par des professionnels», explique-t-il. L’écrivain-photographe se dit «l'otage de trois conflits qui [le] dépassent entièrement et auxquels [il est] totalement étranger. C'est le conflit mère-fille, parquet-juge du siège et magistrature-pouvoir politique», énumère-t-il.
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Il dit ne pas comprendre la juge Prévost-Desprez qui a renvoyé le procès sine die le 1er juillet dernier pour mener un supplément d’enquête après la publication d’enregistrements clandestins au domicile de l’héritière de L’Oréal. «Les faits qui me sont reprochés courent de 2002 à 2007 et ils sont sans lien avec les enregistrements organisés par dieu sait qui en 2009, qui ne me concernent quasiment pas». Et d’ajouter, grinçant: «Il est tout de même extraordinaire de constater que la plupart des témoins à charge ont reconnu avoir été envoyés chez l'avocat d'affaires de Françoise Meyers-Bettencourt avant de témoigner».
Interrogé sur le fait de regretter ou non les dons, de près d’un milliard d’euros, faits par Liliane Bettencourt à l’artiste, il répond: «Mme Bettencourt regrette-t-elle nos 25 ans de communication merveilleuse? Ces dons sont énormes mais on ne se rend pas compte de l'étendue de sa fortune. On ne peut pas mettre un prix à tout. Elle m'a donné de l'argent comme d'autres donnent leur temps ou leur corps». Pourtant «aujourd'hui, elle veut prendre ses distances. C'est une femme fatale, elle fait ce qu'elle veut. Mais pour moi, ce n'est que provisoire. Entre Liliane et moi, ce ne sera jamais tout à fait fini», assure l’artiste.
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Enfin, même s’il n’est plus légataire universel de Liliane Bettencourt, mêmme s’il a perdu les deux contrats qui liaient sa société à L’Oréal, François-Marie Banier s’estime «à l’abri» financière. «Mme Bettencourt a pris toutes les précautions pour que je puisse réaliser mon oeuvre. C'est une chance extraordinaire qu'elle m'ait permis de pouvoir faire face à l'adversité», ajoute-t-il.