Les notes qui mettent à mal la défense de Liliane Bettencourt

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Publié le 4 octobre 2010.

JUSTICE - Des documents saisis à son domicile le 1er septembre dernier accréditent la thèse d'une femme sous influence...

Lors d’une perquisition menée au domicile de Liliane Bettencourt le 1er septembre dernier, les enquêteurs ont mis la main sur des documents très importants, de nature à prouver que l’héritière de L’Oréal est sous l’influence de son entourage, révèlent RTL et Le Point ce lundi. Les policiers, qui agissaient dans le cadre du supplément d’information de la juge Prévost-Desprez qui enquête sur un abus de faiblesse sur l’octogénaire, ont d’abord trouvé une note dactylographiée de trois pages, résumant les réponses que Liliane Bettencourt devait prononcer si elle était auditionnée. Des comptes à l’étranger? «Non». Des donations de biens? «Non». L’île d’Arros aux Seychelles, non déclarée au fisc? «Je n’en suis que locataire», lui écrit-on sur cette note datée de février et mars 2008, dont le ou les auteurs sont inconnus.

Au feutre bleu, d’autres réponses sont préparées: ses relations avec sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers, qui a déposé plainte pour abus de faiblesse? «Elle est jalouse de votre beauté, de votre élégance, de votre souci de la perfection.» Ses dons au photographe François-Marie Banier? «C’est du mécénat». A la main, d’un feutre vert, la milliardaire ajoute, à propos de sa fille: «Elle veut me tuer» et à propos de l’artiste: «Parce que c’était lui, parce que c’était moi.» Là encore, l’identité de celui qui a écrit les réponses, en bleu, est inconnue.

«L’état d’esprit du juge»

Plus sensible encore pour la défense de Liliane Bettencourt: un mémo saisi à Neuilly précise que Frédéric Goguel, l’un des avocats de Liliane Bettencourt, prépare une note pour la Chancellerie afin de connaître «l’état d’esprit du juge» et la «position du parquet» de Nanterre dans cette affaire.

Ces documents tendent à confirmer le témoignage de l’ancienne femme de chambre de Liliane Bettencourt, selon lequel l’entourage de l’héritière parsemait le domicile de Neuilly de «petits papiers» dans le but de la «terroriser en lui faisant croire que sa fille voulait la priver de sa liberté et lui prendre son argent», a rapporté Dominique Gaspard. C’est après ce témoignage que la juge de la 15e chambre du tribunal de Nanterre a d’ailleurs décidé de perquisitionner le domicile de la vieille dame.    

Le procès de François-Marie Banier, soupçonné d’abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt, a été renvoyé sine die par la juge Prévost-Desprez le 3 juillet dernier, le temps qu’elle instruise un supplément d’information après la diffusion d’enregistrements pirates de conversations au domicile de la femme la plus riche de France.

M.P.
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