La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a appelé mardi les responsables d'établissements à «redoubler de vigilance» vis-à-vis des «week-ends d'intégration», après le viol d'une étudiante à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, dans la nuit de samedi à dimanche.
La ministre s’est adressé aux présidents des écoles, sur France Info: «Dans le doute, s'ils pensent que les garanties ne sont pas données pour la protection de leurs élèves, les écoles et les universités doivent interdire les week-ends d'intégration, par précaution».
Une étudiante de 3e année de l'Institut commercial de Nancy (ICN), a déposé plainte pour un viol qui se serait déroulé dans la nuit de samedi à dimanche lors d'un «week-end d'intégration» auquel participaient 507 élèves dans un centre VVF des Alpes-Maritimes.
Dans un état «comateux»
«Les faits se seraient déroulés vers 4h du matin, à l'extérieur de la salle, dans un endroit sombre. La victime a été retrouvée prostrée, en état de choc, puis a été hospitalisée deux heures», a relaté la présidente du bureau des élèves (BDE) de l'ICN, sous couvert d'anonymat.
La jeune fille de 24 ans dit ne se souvenir de rien, selon une source judiciaire à Grasse. Elle s'est trouvée au petit matin dans un état «comateux», les sous-vêtements à moitié arrachés.
Les premières constatations médicales montrent qu'il y a bien eu au moins une relation sexuelle. Des analyses toxicologiques sont en cours pour savoir notamment si la jeune fille était sous l'emprise d'une drogue. Pour les camarades de l'étudiante, son ou ses agresseurs seraient des «éléments extérieurs qui se sont introduits à l'intérieur du centre».
«Eviter les assimilations trop rapides»
«Nous voulons éviter les assimilations trop rapides et notamment les supposés liens entre viol, alcool et week-end d'intégration», a réagi Jérôme Caby, directeur de l’établissement, insistant sur le caractère facultatif du week-end. «Ca n'est pas un bizutage», a-t-il affirmé. «Une quarantaine de vigiles, personnels de la protection civile et autres encadraient les 500 étudiants», a-t-il ajouté, qualifiant l'esprit de la manifestation de «festif et bon enfant».
Une semaine plus tôt, c’est une étudiante de l’école de commerce de Grenoble (ESC) qui avait porté plainte pour viol contre un de ses camarades. Les faits se seraient déroulés également lors du week-end d’intégration, à Canet-en-Roussillon. Les deux étudiants ont reconnu avoir «beaucoup bu». Mais, selon l’Express.fr, le jeune homme affirme que l’étudiante était consentante.