Affaire Visionex: David Sénat en garde à vue

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Publié le 28 septembre 2010.

ENQUETE - Il travaillait à l'époque au ministère de l'Intérieur...

David Sénat, l'ancien conseiller du cabinet de Michèle Alliot-Marie, soupçonné d’être l’auteur des fuites au journal Le Monde dans l'affaire Woerth-Bettencourt, est en garde à vue depuis ce mardi matin dans les locaux de la Brigade de répression du banditisme, à Paris, selon Europe 1. D'après la radio, «il doit s'expliquer sur son rôle dans l'affaire Visionex à l’époque où il était au ministère de l’Intérieur».

Un concept légal pour le gérant de Visionex

Plusieurs personnes sont mises en examen dans l'affaire Visionex par la juge Nadine Berthélémy-Dupuy, parmi lesquelles Fabien Chalandon, fils de l'ancien ministre de la Justice Albin Chalandon, et Olivier Sigoignet, le gérant de cette société nantaise qui proposait aux cafés et lieux publics des bornes de «jeux-concours sans obligation d'achat». Ce dernier avait été mis en examen en 2008 pour avoir violé la loi de 1983, qui «interdit la commercialisation de toute machine dont le fonctionnement repose sur les jeux de hasard».

Pourtant, selon Olivier Sigoignet, ce concept est légal. La justice, qui a ouvert plusieurs enquêtes en France, estime qu'il s'agit de machines à sous qui violent la législation sur les jeux de hasard. Dans ce dossier, Fabien Chalandon est soupçonné d'avoir intercédé auprès du ministère de l'Intérieur pour obtenir les autorisations d'exploitation de ces bornes. Son interlocuteur place Beauvau était alors David Sénat, selon des sources proches du dossier. celui-ci est  ainsi «soupçonné d’avoir signé un courrier, alors qu’il n’en avait pas le droit, autorisant l’installation des bornes incriminées», selon Europe 1.

La «bonne foi» d'Olivier Sigoignet

Dans un autre courrier adressé en juillet 2008 à la garde des Sceaux de l'époque Rachida Dati, Michèle Alliot-Marie avait mis en avant «la bonne foi» d'Olivier Sigoignet, alors mis en examen dans une autre enquête. Elle s'est depuis défendue de toute immixtion dans ce dossier. Si Olivier Sigoignet est mis en examen à Paris, il a indirectement remporté une victoire judiciaire le 7 avril devant le tribunal correctionnel de Carcassonne.

Trois cafetiers jugés pour «détention et exploitation d'appareils de jeu interdits», en l'occurence des bornes Visionex, ont été relaxés. Les juges avaient estimé que les bornes, installées dans des cafés de Limoux, Quillan et Axat étaient légales au regard de la loi réglementant les jeux de hasard. Le parquet a fait appel.

C.C. avec AFP
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