C'est par un commentaire laconique qu'Eric Woerth a réagi lundi après-midi à la recommandation de Jean-Louis Nadal, procureur près la cour de Cassation. C'est «à la justice de s'organiser comme elle le souhaite», a commenté le ministre du Travail, après que la saisine d'un juge d'instruction a été préconisée par la plus haute instance judiciaire du pays, lundi midi.
«J'ai dit que je ne ferai aucune déclaration, avant les conclusions finales de la justice», a-t-il insité, «je n'ai pas de réaction à avoir», a-t-il conclu en marge d'un déplacement à Bonnières-sur-Seine (Yvelines), consacrée au thème de la retraite des personnes handicapées.
«Satisfait» de la non-saisine de la CJR par le procureur près la cour de Cassation, l'avocat d’Eric Woerth s'est déclaré «beaucoup plus réservé» sur l’ouverture d’une information judiciaire également recommandé par Jean-Louis Nadal. «Mon souci est qu'on aille vite», a estimé Me Jean-Yves Leborgne. «Une enquête préliminaire très dense est en cours depuis trois mois, je n'ai pas envie que l'on reparte à zéro avec un nouvel interlocuteur qui reparte à zéro».
L'UMP, de son côté, a jugé que la prise de position du premier procureur de France était «la meilleure réponse» à ceux qui doutaient de l'indépendance de la justice. «Que la justice fasse son travail, c'est ce que nous réclamons depuis toujours. Et qu'on la laisse faire son travail», a ajouté Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP, lors du point presse hebdomadaire. A de prévenir les journalistes: «Ne commencez pas à faire dire aux juges ce qu'ils feront dans le futur (...). On est dans un Etat de droit, il faut laisser la justice faire son travail».