Le Conseil de Paris va tourner ce lundi une page importante de son histoire en validant, selon toute probabilité, le projet d'accord d'indemnisation de la Ville par l'UMP et Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs.
Le vote s'annonce comme une formalité puisque une écrasante majorité des 163 élus voteront pour: le groupe PS (77 élus), PCF-PG (8 sur 10 élus), UMP (51), Nouveau centre (11 sur 12).
Mais le maire (PS) de la capitale Bertrand Delanoë a été contraint de monter plusieurs fois au créneau pour justifier cette décision qui fait grincer des dents jusque dans les rangs de son parti, expliquant qu'«il ne faut pas confondre justice et vengeance».
L'élue NC du 10e, Lynda Asmani ne prendra cependant pas part au vote. Et l'unique élu MoDem Jean-François Martins votera contre, parce que selon lui, «la ville nie son ambition d'obtenir justice et vérité». Les deux élus du Parti de gauche (PG) que compte la ville feront de même.
Plus dur à avaler pour Bertrand Delanoë, les neufs élus Verts, d'habitude alliés de l'exécutif, voteront aussi contre ce protocole qu'ils qualifient de «faute politique» et de «déni de justice». Ils ont accusé le maire et l'UMP de «s’être mis d'accord en catimini».
La ville récupérera exactement 2.218.072,46 euros et renoncera du même coup à être partie civile au procès, ce qui mettra Jacques Chirac dans une position plus favorable. Il fera face à un banc des victimes déserté, en plus d'une accusation vraisemblablement passive, le parquet ayant requis un non-lieu dans la procédure.
Manifestation
Pendant le vote en fin de matinée, le collectif «Sauvons les riches» a prévu de manifester devant la mairie avec l'association anticorruption «Anticor».