Rififi chez les stagiaires. Selon le magazine Terra Eco, un décret à la loi de novembre 2009 sur les stages crée le mécontentement parmi les étudiants. Depuis le 1er septembre 2010, date de son application, il interdit en effet les stages «qui ne font pas partie d’un cursus pédagogique».
S’il devait servir à éviter le million de conventions de stage signées chaque année en France plutôt que des contrats rémunérés, plusieurs jeunes se retrouveraient sur le carreau en raison de lui. En effet, de nombreux étudiants «se sont vu refuser une convention parce que leur stage n’était pas obligatoire», selon Terra Eco qui livre leurs témoignages.
Le magazine cite le cas de Novlaine, diplômée en droit. «Suite au changement de législation, son université (avait déjà) décidé de geler pendant plusieurs semaines la signature de convention de stages non obligatoires», écrit Terra Eco. «Maintenant que le décret s’applique, un nouveau gel a été décidé». La situation est «inadmissible» selon Novlaine, également fondatrice du site et du groupe Facebook «Touche pas à mon stage».
Terra Eco précise: «la mesure a aussi été prise pour lutter contre les inscriptions de complaisance». De nombreux étudiants s’inscrivent à la fac uniquement pour bénéficier d’une convention… et ne vont jamais en cours.
Selon Terra Eco, «Valérie Pécresse a été informée de ces cas particuliers». Elle devrait «écrire aux présidents d’université pour leur rappeler qu’elle souhaite que les stages non obligatoires soient toujours autorisés s’ils sont en lien avec le cursus». Certaines universités prévoiraient aussi d’intégrer davantage de stages dans leur cursus dès la rentrée 2010.
Du côté des associations de défense des étudiants comme le syndicat Unef et le collectif «Génération Précaire», pourtant à l’origine de l’interdiction, ça gronde aussi. «Plutôt que d’interdire les stages hors cursus, ils proposent de ne les accorder qu’aux étudiants qui suivent les cours», explique la journaliste. Encore faut-il réussir à vérifier leur présence dans les amphis…