On n’a pas fini d’entendre parler des salles de shoot. Et pour cause: les conclusions du rapport de l’association Elus, Santé Publique & Territoire (ESPT), à paraître vendredi, risquent fort de relancer le débat. Selon Le Figaro, qui s’est procuré les résultats, l’association est plutôt favorable à l’ouverture des salles de consommation de drogue.
«Les salles de shoot constituent l’un des éléments de toute palette d’outils pour permettre la prévention, l’accès aux soins et la restriction du trafic de stupéfiants», estime le docteur Laurent El Ghozi, président d’ESPT, cité par le quotidien.
Pendant plusieurs mois, les membres de l’association ont mené des auditions d’experts médicaux, sociaux et juridiques, avec le soutien de la ville de Paris et du conseil régional d’Ile-de-France.
Selon Le Figaro, «une vingtaine d’élus Verts, UMP, MoDem, Nouveau Centre, PS et PC de Paris, Marseille, Bordeaux, Le Havre, Saint-Denis, Annemasse et Nanterre ont ainsi visité les salles de shoot de Genève et Bilbao». Des lieux jugés «très encadrés et très sécurisés» pour Laurent El Ghozi.
Les défenseurs de ces salles «mettent en avant la prévention et l’accès aux soins, facilité pour les toxicomanes» ainsi que «la baisse de transmissions de maladie» comme le sida ou les hépatites.
Face à eux, des voix continuent toutefois de s’élever. Le Figaro cite Philippe Goujon, maire UMP du 15e arrondissement: «Notre politique repose sur le sevrage et l’interdiction. Or, avec ces salles, on brise le tabou de l’interdit». Le député de Paris dit avoir discuté du sujet avec le préfet de police et le procureur de la République qui lui ont aussi fait part de leur hostilité.
«C’est un débat politique, au sens philosophique du terme, sur la notion d’interdit», estime pour sa part le Dr Xavier Laqueille, psychiatre et chef du service d’addictologie de Sainte-Anne.