Les cinq personnes, jugées pour avoir mis à mort dans des conditions particulièrement atroces William Modolo, 21 ans, en mai 2006, ont été condamnées jeudi à des peines allant de 19 à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.
«Je suis soulagée, mon fils va pouvoir reposer en paix», a déclaré la mère de la victime, Roselyne Modolo, à l'issue du verdict.
«Le procès s'est achevé, les sentences sont à la hauteur de nos espérances et ses bourreaux vont pouvoir passer un bon bout de temps en taule», a-t-elle ajouté.
Après environ quatre heures de délibéré, Jean-Pierre Planqueel, 31 ans, considéré comme le chef du groupe d'accusés et sur qui pesaient les accusations les plus lourdes, a été condamné à trente ans de réclusion, dont vingt ans incompressibles.
Pour lui, comme pour l'ensemble des accusés, la cour d'assises, présidée par Jean-Pierre Deschamps, est allée en-deçà des réquisitions de l'avocat général, Roland Mahy.
Ce dernier avait par exemple requis la peine maximale à l'encontre de Planqueel: réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de période de sûreté.
Franck Julien, 39 ans, accusé de viol, d'actes de torture et de barbarie ainsi que de complicité d'assassinat, a été condamné à 28 années de détention, dont 18 ans et quatre mois incompressibles (30 ans, dont deux tiers incompressibles requis).
Arnaud Frapech, 29 ans, fils d'avocat et toxicomane qui, tout au long des neuf jours d'audience de ce «dossier de l'horreur», comme l'ont désigné certains avocats, a nié toute participation, a écopé d'une peine de 23 ans (25 requis).
Barbara Jean-Louis, 28 ans, l'aide-maternelle qui avait dénoncé les faits et qui n'était accusée que de complicité d'assassinat, a été également condamnée à 23 ans de réclusion (25 ans requis).
Enfin, Aurélie Piteux, 24 ans, la compagne de Planqueel, accusée d'avoir attisé la violence, a été condamnée quant à elle à 19 ans de réclusion (20 ans requis).
William Modolo a été retrouvé le 22 mai 2006 par la police municipale de Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône), abandonné dans un sous-bois, le corps dénudé et atrocement mutilé.
Il portait des traces de brûlures, de coups multiples, avait eu la tête fracassée à coups de pierre, présentait des traces de viol anal et douze de ses dents avaient été arrachées.