Bernard Tapie: d'où viennent ces 210 millions d'euros?

50 contributions
Publié le 9 septembre 2010.

JUSTICE - Le point sur ces indemnités qui font polémique…

Bernard Tapie refait parler de lui. Selon le Canard enchaîné, l’homme  d’affaires devrait empocher 210 millions dans le cadre de l’affaire du Crédit Lyonnais. Une somme bien supérieure aux 20 à 50 millions d’euros annoncés par Christine Lagarde en 2008. Comment expliquer une telle différence? 20minutes.fr fait le point.

Quelle décision avait été prise en 2008?
Le différend entre le Crédit lyonnais et Bernard Tapie a été réglé en juillet 2008. Un tribunal arbitral  avait condamné le Consortium de réalisation (CDR), la structure publique chargée de liquider le passif du Crédit Lyonnais, à verser une indemnité de 285 millions d'euros aux liquidateurs du Groupe Bernard Tapie, dans le cadre de l'affaire de la vente du groupe sportif Adidas. Bernard Tapie s'estimait floué d'une plus-value conséquente réalisée par la banque lors de la vente cette société qu’il avait acquise en 1990.

Quelle somme l’Etat devait-il verser au final à Bernard Tapie?
Une fois pris en compte les intérêts, la fiscalité et les créances du CDR, l'ancien homme d'affaires aurait dû toucher entre 20 et 50 millions d'euros, indiquait en juillet 2008 le ministère de l'Economie.

Pourquoi parle-t-on de 210 millions d’euros aujourd’hui?
La somme de 285 millions d’euros fixée en 2008 se découpait comme suit: 45 millions d’euros au titre du préjudice moral (net d’impôt) pour le couple Tapie et 240 millions d’euros pour les liquidateurs du groupe Tapie, au titre du manque à gagner. Cette somme de 240 millions d’euros s’avère en réalité beaucoup plus élevée, compte tenu des intérêts de retard, la vente d’Adidas par le Crédit Lyonnais datant de 1993.

Le Canard chiffre ainsi le montant de ces dommages et intérêts à 333 millions d’euros.

Sauf qu’il faut retirer de cette somme des frais divers qui restent à la charge de l’ex-homme d’affaires: une vingtaine de millions d’euros pour les quinze ans de frais de procédure, une autre vingtaine pour des dettes diverses dues à des tiers, une quarantaine de millions d’euros de «ponctions fiscales et douanières» et une dette bancaire de 88 millions à l’égard de la SDBO, une filiale du Crédit Lyonnais, calcule l’hebdomadaire satirique. Soit un total de 168 millions d’euros.

Il reste donc 165 millions d’euros au bénéfice de Bernard Tapie. Avec les 45 millions de préjudice moral, on arrive aux 210 millions d’euros.

Que répond Bernard Tapie?
Que sur les sommes citées par le Canard Enchaîné, «environ 95 millions d'euros ne sont pas liés à l'arbitrage», mais au produit de la vente d'actifs lui appartenant et saisis par la justice au cours des procédures. Dans le détail, 75 millions d'euros correspondent à des actions vendues, 20 millions d'euros à d'autres actifs: «Mon bateau, des tableaux, deux-trois maisons, un appartement, une maison à Marrakech».

Percevra-t-il ces 210 millions d’euros?
C’est toute la question. Selon Bernard Tapie, «il reste au tribunal à trancher sur des créances en suspens qui représenteront de 10 à 15 millions d'euros et sur le solde, il y aura de l'impôt». Au final, Bernard Tapie affirme que dans le cadre de la procédure d'abritrage, il lui restera effectivement «entre 50 et 55 millions d'euros»…

Catherine Fournier
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr