Christine Lagarde l’assure. Bernard Tapie a fait l'objet d'un traitement fiscal «de droit commun, sans privilège». Interrogée sur Radio classique ce jeudi, la ministre de l'Economie a tenté de mettre fin à la polémique après les révélations du Canard Enchaîné selon lesquelles l’homme d’affaires devrait empocher 210 millions d’euros dans le cadre de l’affaire Adidas et du Crédit Lyonnais.
A la question, Bernard Tapie a-t-il bénéficié d'un traitement de faveur de l'Elysée, Christine Lagarde a répondu: «Non». «En revanche, comme tout Français, il a le droit aussi au secret fiscal», a-t-elle ajouté, refusant de commenter les chiffres évoqués par le Canard Enchaîné?
Le différend entre le Crédit lyonnais et Bernard Tapie a été réglé en juillet 2008, après une quinzaine d'années de procédures, par un tribunal arbitral. Cette juridiction privée a reconnu le préjudice moral et financier de l'homme d'affaires dans la vente d'Adidas en 1993. Vente de laquelle le Crédit lyonnais, alors public, avait tiré une plus-value substantielle. L'Etat avait donc été condamné à lui verser 285 millions d'euros d'indemnités (400 millions avec les intérêts), même si la somme effectivement perçue par Bernard Tapie était moindre.
Pour Christine Lagarde, «on cite des chiffres dans tous les sens et on mélange des carottes et des choux. On mélange des sommes qui résultaient de condamnation de justice au mois de septembre 2008 avec des résultats de la liquidation consécutive des sociétés du groupe Tapie».