«Et maintenant?», «Quelle suite?». Au lendemain de la forte mobilisation contre le projet de réforme des retraites, la presse française n’est pas certaine ce mercredi sur la capacité de Nicolas Sarkozy à céder sur les mesures symboliques, car c’est son avenir politique qui est en jeu.
C’est notamment ce que résume Patrick Fluckiger dans l’Alsace: «Les manifestations de mardi mettent le président en inconfortable posture, mais s'il cédait, son horizon serait plus noir encore». Pour l’éditorialiste, Nicolas Sarkozy «est condamné à poursuivre le bras de fer».
Même sentiment pour Paul Burel dans Ouest-France qui constate que si le chef de l’Etat «rompait avec l'ardente obligation d'une réforme, il ne saperait pas seulement son avenir politique immédiat». Selon lui, «il serait coupable de non-assistance à système de retraite par répartition en danger de mort.»
Le «tableau de bord» de Nicolas Sarkozy, d'après Jérôme Glaize du Maine Libre, «ce n'est pas le compteur des manifestants ou les arguments de ses contradicteurs, c'est l'impact effectif de ses décisions sur l'opinion silencieuse». «Ce n'est sûrement pas au milieu du Pont d'Arcole qu'il rebroussera chemin. Ce serait aussitôt Waterloo», conclut-il. Pour sa part, dans Nord Eclair, Patrick Pépin affirme que «la réforme des retraites est en train de se jouer en même temps que se joue le sort d'un homme et d'une majorité».
D’autres éditorialistes sont toutefois légèrement plus optimistes. Pour François Ernenwein, de La Croix, «le pouvoir doit montrer (...) qu'il est déterminé, les syndicats doivent prouver qu'ils sont mobilisés». «Depuis mardi, c'est chose faite. Les discussions peuvent donc commencer», ajoute-t-il.
Pour Patrice Chabanet du Journal de la Haute-Marne, les syndicats «peuvent faire montre d'une nouvelle épreuve de force». «Mais, demain comme aujourd'hui, rien ne dit qu'elle débouchera sur un recul du gouvernement», tempère-t-il.
Pour Laurent Joffrin, de Libération, il existe tout de même une place pour les compromis: «Confronté à la protestation, il (ndlr : le gouvernement) affiche une attitude plus ouverte et parle même de négociation».
Devant l'ampleur de la protestation, Jacques Camus dans La République du Centre note enfin que c'est à Nicolas Sarkozy de «reprendre la main et de dire à quels amendements il consent pour calmer l'ardeur retrouvée des syndicats».