Il n’a fallu qu’un quart d’heure, ce mardi, pour que l’Assemblée Nationale vire au grand-guignol. Entres huées et cris de soutiens, Eric Woerth vient de prendre la parole. Voix claire, dos rond, il évoque la pénibilité. «Nous l’intégrons dans notre projet de réforme.» D’un seul coup, les députés PC se lèvent, les bras chargés de dossiers, pour remettre à François Fillon une pétition de 120 000 signatures. Les huissiers les repoussent. Il y a des empoignades. A droite, on crie: «Staliniens ! Staliniens!» Première image d’un Parlement bouillant, fin prêt pour la réforme-phare du quinquennat Sarkozy.
Le gouvernement peut toujours dire "Je suis sourd"
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Juste avant, devant les caméras, les deux camps montraient les dents. La saga Woerth-Bettencourt ? «Des accusations dégueulasses», pour l’UMP Thierry Mariani. «Les Français font le lien», juge la PS Marisol Touraine. «D’un côté, l’évasion de 30 millions d’euros pour Liliane Bettencourt, de l’autre une réforme injuste qui fait travailler plus longtemps». Pour Nicolas Dupont-Aignan, le rejet du texte est possible. «Il peut y avoir assez de députés de droite, villepinistes ou autres, pour voter contre», estime le souverainiste. Un proche de Villepin le contredit: «la loi finira par passer. Mais ce sera une victoire à la Pyrrhus.»
Reste à examiner les amendements: 680, le tout avant vendredi. «C’est beaucoup trop tôt, ça montre bien le manque de souplesse du gouvernement», déplore Marisol Touraine. Un autre député l’admet: «tant d’amendemenrt, ça décrédibilise le débat parlementaire.»